Archive for the ‘Rue’ Category

Cette mise en scène doit nous faire réfléchir !

http://www.lalibre.be/s/art/548727ae3570a0fe4cd6715e#949d5

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Ce que des amis, sans-abri racontent…

http://www.rtbf.be/video/embed?id=1974731#

Reportage…

http://webdocus.lesoir.be/salaudsdepauvres/?_ga=1.120213837.455974693.1413134313

On ne sort pas indemne de la rue (Elina Dumont): Autre témoignage saisissant d’une SDF plus proche de chez nous.

http://www.alterechos.be/fil-infos/on-ne-sort-pas-indemne-de-la-rue

Hiver 2012

http://www.rtbf.be/info/societe/detail_bruxelles-ou-accueillir-les-personnes-sans-abri?id=7524473

http://www.rtbf.be/info/societe/detail_il-y-a-des-restos-du-coeur-un-peu-partout-voici-les-contacts?id=7524293

Notre blog : utile ou pas utile ?… / appel aux candidats-bénévoles… / témoignages

Notre blog est-il utile ou pas ?
Cela mérite réflexion… Il y a du pour et du contre ! Donnez-nous votre avis !

Moi je suis pour, bien sûr ! Un de nos trois objectifs de base est de sensibiliser l’opinion publique à la vraie détresse des sans-abri. Le but n’est pas de faire un déballage malsain de la misère rencontrée en rue, qui pourrait inciter au voyeurisme, ni de vaciller dans une forme de pitié complaisante, mais de changer votre regard et de vous indigner de certaines situations inacceptables…

Il  me paraît donc, non seulement bon, mais indispensable de rappeler de temps à autre, la réalité de la détresse de rue et de souligner que ce sont des personnes humaines que nous côtoyons !

L’hiver est terminé et les abris de nuit ont fermé leurs portes. Et donc les sans-abri n’ont plus guère d’endroits pour passer la nuit ! Comme par le passé, c’est le retour à la rue ! Bientôt ce sera l’été avec les départs en vacances. La plupart des associations caritatives et sociales fermeront leurs portes une semaine ou deux et donc la solitude se fera encore plus sentir !

Nous avons besoin de bénévoles
Les Sentinelles de la Nuit continuent de tourner durant toute l’année. Mais il faut comprendre que c’est un travail ingrat et que la lassitude se fait parfois sentir. Personne n’est à l’abri. Je sens bien que certaines équipes en font de trop. J’en profite donc de l’occasion, pour faire un appel aux candidats-bénévoles.
Il n’est demandé aucune qualification particulière ; juste pouvoir se mettre à l’écoute des plus démunis, avec empathie et sans jugement. Laissez tomber vos préjugés et vos craintes. Vous ne serez jamais seul(e), mais toujours accompagné d’un ou deux bénévoles. Nous demandons aux candidats d’être disponibles une soirée par quinzaine, soit de 20h à +/- minuit.
Nous insistons plus sur la régularité que sur les fréquences… La fidélité est une qualité dont les sans-abri ont grandement besoin.  Mais nous serons heureux aussi de pouvoir accueillir, ne serait-ce ponctuellement des ppersoones qui pourraient prendre place comme réserve.
De la violence à notre égard ???  Jamais !!!  Au contraire, c’est de bienveillance et de prévenance, dont il est question.
Si vous êtes intéressé(e), contactez-nous et nous conviendrons d’un rendez-vous pour connaître vos attentes et partager notre vision de l’approche des plus démunis.

Témoignage d’un jour passé
                    
Par la force des choses, ce soir-là j’étais seul… Je n’ai pas voulu faire appel à certains jokers, qui en font déjà tellement… IL faut savoir que les plus engagés (mais ce n’est pas une obligation) ne se contentent pas d’une tournée d’écoute en soirée, mais proposent parfois une aide, un accompagnement en journée.

Je pars avec café, soupe, eau et un gros sachet rempli de viennoiseries.
Il fait bon et il y a du monde en ville. Deux points de chute et mes sacs, rapidement vidés, auraient pu laissé croire que la tournée fut vite terminée… Oui mais, c’était sans compter la demande de M…

Dans le bas de la rue Saint-Gilles : un premier petit attroupement de huit personnes : L’un attend un sac de couchage promis, un autre attend deux couvertures. L’ambiance est tantôt chaleureuse, tantôt pathétique.
« Regardez : Voici une ordonnance pour de la morphine ; j’en consomme beaucoup pour ma tumeur au cerveau… Mais je n’ai pas d’argent pour payer les médicaments !  »

Les sacs déjà bien lestés, je continue ma route…

Place Cathédrale
, personne ! Sinon des étudiants et autres badauds.

Rue Saint Paul
 : Je suis surpris de retrouver les compères S. et S. Ils viennent de sortir de Lantin ! Pour beaucoup de sans-abri, Lantin est un endroit de passage (obligé)… Et donc, le retour à la vie – pardon, à la rue – est d’autant plus pénible. Nous en savons quelque chose : plusieurs bénévoles sont aussi visiteurs de prison. Nous prenons plaisir à constater que certains se refont une santé dans ce cadre, peu enviable pourtant, qu’est la prison.
Nerveusement, les deux larrons faisaient l’inventaire de leur butin, péniblement acquis en faisant la manche. A vue d’œil, la recette me parait trop maigre que pour se payer une chambre pour la nuit. Mais je ne suis pas naïf, leur premier besoin sera de se procurer quelques grammes de ce qui les tuent à petites doses. Affairé avec cette monnaie sonnante, je comprends que ce n’est pas le moment de faire un brin de causette. A les voir, je pense qu’ils devaient effectivement être plus heureux en prison. Je me sentais impuissant devant cette détresse à fleur de peau. L’un d’eux avait son visage couvert de pustules.

Petit parc au bout de la rue Saint-Paul : un groupe plus important, mais aussi plus désoeuvré par la drogue et l’alcool… Pourtant la seule dame rencontrée ce soir, me paraissait enjouée… Il faut dire que L… a été interviewée par la TV pour l’émission « Sans chichi » ! Alors elle est très fière !
Elle passera un de ces matins sur la RTBF, mais ne sait pas exactement quel jour.
Je revois enfin celui qui aime se faire appeler Chris de nerf : il est content de me voir, après tant de temps ! Jadis, nous avons fait des démarches ensemble, mais hélas, il est toujours errant ! J’en vois un autre dont le visage s’illumine à l’appel de son prénom… Il y avait aussi le clochard de toujours qui , pareil à lui-même, donnait de la voix ; comme un vrai chef !
Ce petit groupe à tendance alcoolique, juxtapose un autre groupe plus junkies dont j’ai peine à mesurer la détresse : j’en vois un, bourré de percings et de came, d’une maigreur affolante, dans un bien triste état !
Je préfère rester en compagnie du groupe « alcolo » où les cris de détresse de l’un d’eux me prennent à bras le corps ! Je m’assieds à côté de lui. Il ne comprend pas que ses demandes incessantes n’aboutissent pas ! Il parle de ses crises de folie et de son besoin impérieux d’être soigné ! Je lui promets de prendre contact avec le Centre de Lierneux, là où un dossier de pré-accueil a déjà été établi.
Je quitte le groupe, dépité, les sacs vides…  Inutile d’aller plus loin…

Sur le chemin du retour, je croise M…, les yeux grands ouverts ; il m’aperçoit comme son sauveur… et pour cause !
Il râle d’abord ferme sur les transports par chemin de fer : A cette heure-ci, il n’y a plus aucun train qui va sur Charleroi, même via Bruxelles ! Il exhibe son ticket d’avion à destination de Milan : Envol 5h50. Il est plus qu’embarrassé : une affaire administrative urgente l’oblige à ce déplacement.
Je mesure sa détresse et finalement, je le conduirai.
Ce faisant, je n’ai pas su apporter en fin de tournée, les deux couvertures demandées par celui qui prend de la morphine pour soigner ses douleurs de tête

Remarque 
: Si la méfiance et la violence sont omniprésentes parmi les  désœuvrés alcooliques, drogués, dérangés psychiquement et autres paumés,  – les uns, de plus en plus, abandonnent leur squat par crainte des autres  -, il est bon de pouvoir découvrir ci et là des moments de franches camaraderies et de soutiens.
Ainsi, avant de commencer ma tournée ce soir, j’ai aperçu de ma voiture, Place Saint Lambert, notre brave M…, poussant dans une grimpette, F… dans sa chaise roulante… Un peu plus loin, sur le boulevard d’Avroy, A… et A…, assis sur un banc, en grande conversation amicale… Ainsi encore, il y a 15 jours, c’était une joie de constater comment plusieurs gaillards de la rue, se sont sentis interpellés pour apporter une  solution à ce jeune, fraîchement tombé dans la rue…

Ce qu’il faut savoir de la rue… C’est que la plupart des personnes rencontrées souffrent de troubles psychiques plus ou moins graves. Hélas, tous les centres spécialisés sont complets ; alors on vous inscrit sur une liste d’attente qui est souvent bien longue !

Conseils à ceux qui souhaitent héberger des sans-abri…

A tous ceux qui proposent d’héberger, à court ou à long terme des sans-abri, j’aimerais leur signaler que cette volonté, si noble soit-elle, comporte des risques non négligeables. Nous les Sentinelles de la Nuit, qui côtoyons depuis longtemps des sans-abri, nous avons pu tisser des liens étroits d’amitiés, avec beaucoup d’entre eux.. Il faut cependant savoir qu’il s’agit de personnes très fragilisées et donc,  même si nous avons appris à connaître les bons côtés, un peu cachés de leur personnalité, nous ne pourrions nous permettre de prendre le risque de vous proposer telle ou telle personne en détresse, car il restera toujours une part cachée, mystérieuse, de la personne fragilisée; qui l’est souvent, depuis sa prime jeunesse : ce qui nous empêche de nous porter garant pour eux.
Vous n’êtes pas sans savoir que la rue est un enfer pour ceux qui y sont tombés et qui ont fini par y élire domicile. Un enfer où la drogue, comme l’alcool leur apparaît comme un soutien, comme une bouée de sauvetage. Mais lorsqu’ils se rendent compte que ces dérivatifs ne sauvent rien du tout, il est trop tard !
Comme je trouve tout de même l’idée super géniale, de vouloir offrir un gîte aux sans-abri, je me permets de proposer d’autres pistes…
Pourquoi ne pas vous adresser à des organismes officiels et professionnels pour leur signaler vos possibilités d’hébergement ?
Je pense à l’urgence sociale du CPAS
Je pense à toute les maisons de cure et de réinsertion d’où sortent  des personnes sevrées, mais étant sans-abri, ne savent où aller !
Je pense surtout aux sortants de prison, désintoxiqués, ayant longtemps réfléchis sur leur passé et bien décidés à tirer un trait sur ce passé-là ! Mais si motivés soient-ils, que peuvent-ils faire, s’ils sont seuls ? Où peuvent-ils aller lorsqu’ils ne reçoivent, à la sortie de prison, qu’un ticket de transport ?  Tous redoutent de se retrouver à Liège, pour les raisons que l’on peut bien imaginer !

Celui ou celle qui s’engage  à héberger un sans-abri, doit donc savoir qu’implicitement, elle s’engage à l’accompagner dans son cheminement, vers une nouvelle autonomie. Sans quoi, l’hébergement ne serait guère salutaire.

André