Archive for the ‘Echos des sentinelles’ Category

Ce que des amis, sans-abri racontent…

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Les Sentinelles de la Nuit sont toujours là…

Chers lecteurs et lectrices

Après un temps d’accalmie, nous revenons vers vous.
Accalmie ?… J’ai osé dire accalmie ?

Ce n’est pas parce que nous sommes restés silencieux plusieurs mois, – déjà je m’en excuse -, que la situation s’est améliorée… Que du contraire !

Thermos  a fermé ses portes début mai. Logique, pensent certains, au vu de la clémence du climat… Détrompons-nous ! Les revoilà ceux qui, abrités l’hiver dernier (pour les plus chanceux…) se retrouvent à nouveau à la rue ! Ce n’est pas parce qu’il fait chaud et sec dehors, que la situation des sans-abri est plus enviable ; que du contraire !

Qui ne prend pas des vacances méritées lorsque le temps, et le temps, et les moyens le permettent.
Ainsi, plusieurs associations, à vocation sociale et humanitaire, ferment une ou deux semaines au cours de l’été. C’est sans reproche, bien sûr ! Si le personnel, professionnel comme bénévole, n’avait pas la possibilité de souffler et de recharger ses batteries, il serait sur les genoux, ou aurait abandonné ce travail, rarement valorisant. Pendant ce temps, les sans-abri sont toujours là, de plus en plus nombreux, sous la pluie ou par temps sec, ou sous un soleil torride…

Fin mai, début juin, il ne fut pas rare que nous rencontrions près de 60 d’entre eux, sur quelques heures, le soir dans la rue. Ainsi notre association, qui tourne toute l’année, est de plus en plus souvent mise à mal.

Notre but premier est en effet l’écoute et le réconfort moral,  de ces écorchés de la vie, tombés si bas, qu’ils ne savent plus se relever seuls ; et cela, le temps d’une rencontre. La situation de précarité extrême de la plupart d’entre eux, nous a incité, dès la création de l’ASBL,  à aller à leur rencontre, non pas les mains vides, mais avec café, collation, chaussettes, etc… Cela nous paraissait tout-à-fait logique et respectable.

Aujourd’hui, confrontés à une population marginalisée, de plus en plus importante, la situation est en train de s’inverser. L’écoute s’amenuise au bénéfice du ravitaillement de ces malheureux qui, pour la plupart, sont en situation de grande détresse.

Accompagnez-nous, via ce blog.
Restez à l’écoute de nos besoins ; de leurs besoins.
N’hésitez pas à laisser un commentaire.

Merci de votre soutien
André,

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’hiver approche…

Chers sympathisants

Il est bon de se rappeler régulièrement que la pauvreté dans des villes comme Liège ne régresse pas, bien au contraire. Les Sentinelles de la Nuit poursuivent inlassablement leurs tournées du soir pour apporter, ne fusse qu’un sourire, une présence, une oreille attentive… aux personnes de la rue.
Bien sûr, nous essayons aussi d’ apaiser quelque peu leur faim car il est bien connu qu’un ventre affamé n’a pas d’oreilles ! Les trouvant en profonde détresse, nous ne cessons de leur fournir des habits de rechange propres. Mais tout cela coûte de plus en plus d’argent. Si au début, nous ne rencontrions que 15 ou 20 personnes, aujourd’hui, il n’est pas rare d’en croiser 35 et même plus… Et ce n’est pas toujours les mêmes !
C’est pourquoi, nous sollicitons, une fois encore votre bienveillance.
En matière de vêtements, comprenez que nous ne pouvons tout accepter. Voici une liste de textiles dont nous aurons toujours besoin :
– linge de corps non usagé (boxers, T Shirt et chaussettes)
– chaussures basket / bottines de marche en bon état
-pantalons en jeans
– sacs à dos et grands sacs plastic de transport
– mouchoirs en papier
– bougies basses (style chauffe-plat ; celles d’Amnesty International et bougies « neuvaines »

et pour l’hiver qui approche tout doucement
– couvertures
– sacs de couchages
– gants, bonnets, écharpes
– pull-over chauds
– vestes chaudes

Si vous avez des vêtements à leur offrir, contactez-nous :
– 0472 / 087474 (Gui)
– 0491 / 591993 (André)
– par courriel : sentinelles°live.be

Vous pouvez aussi nous soutenir financièrement, par un don au 751-2041128-94
En vous remerciant d’avance

André

Ci-dessous, le témoignage récent d’une de nos sentinelles, après sa tournée du soir.

 » Ce fut une tournée bien » arrosée » mais très sympathique.
 » Nous n’avons rencontré que 14 personnes alors qu’il n’est pas rare,
 » certains soirs, d’en croiser plus de 30. Il faut dire que la pluie tombait sans  » discontinuer et que nos amis ont sans doute cherché refuge.
 » Deux collègues sont venus préparer les tartines pour notre plus grande
 » satisfaction. Encore un grand merci.

 » Dès notre sortie du local, nous rencontrons trois sans-abri. Quelle                  » coïncidence alors qu’on se demandait justement samedi dernier ce qu’ils   » étaient devenus. Ils ont l’air en forme.
 » Le 1er va partir en octobre au Maroc pour y « convoler »… rien que cela!         » Bien sûr, comme nous, ils ont aussi le droit de rêver et de vivre.
 » Le 2ème a coupé ses cheveux et, malgré ses 1200 euros par mois ne              » saurait, nous dit-il, se trouver un logement. A ce stade du « vagabondage »,  » sont-ils encore prêts à s’enfermer entre 4 murs?
 » Le 3ème lui, ne fait toujours pas l’unanimité au sein de ce petit groupe :       » Les autres semblent juste le tolérer. .
 » Nous passons un bon moment en leur compagnie et j’en profite pour leur  » donner pantalon, pull et chaussures.

 » Nous décidons de changer les habitudes et de commencer la tournée par  » l’évêché. Pourquoi ?
 » Pour ne pas être « pris d’assaut » par un groupe trop important d’affamés.  » Notre but premier restant l’écoute.
 » Nous y retrouvons l’homme des bois qui est ravi de nous voir et d’avaler 3  » tasses de café tout en papotant.
 » Cela faisait longtemps… Il ne séjourne plus dans les bois et nous parle à       » nouveau de ses velléités de départ pour Paris. Il raconte son enfance, sa    » compagne… ses boulots.

 » Un peu plus loin, deux dames sont déjà couchées sur leur paillasse de          » fortune, mais l’idée d’une bonne soupe et du reste, les éveille sur le                » champ. Elles dévorent tout ce qu’on leur propose.
 » Il semblerait que le compagnon de l’une d’elles sort aujourd’hui de prison.  » Il s’ensuit quelques blagues grivoises de la part de celle qui attend son         » retour.

 » Viennent à passer deux jeunes filles qui leur disent habiter le coin. Elles       » déposent de la soupe et des tasses et proposent de venir régulièrement     » s’enquérir des besoins de nos deux amies. Très Sympa!

 » Vinave d’île, un petit groupe de cinq nous apostrophe, accompagné de       » nos deux préparateurs de tartines de service. Tout ce petit monde est        » affamé et cependant de très bonne humeur. Parmi eux, un couple fort        » discret, qui ne s’éternise pas.
 » Nous rejoint alors un français : l’ ex ami d’une connaissance de la rue.           » Malheureusement, ils sont en froid et nous ne verrons pas ce dernier.
 » Que viennent donc faire de beaux petits jeunes comme eux à Liège ? … On  » s’en doute, mais on voudrait remonter un peu le temps et les guider sur     » une autre voie.

 » Nous continuons vers la place Saint Lambert, tourniquons dans                      » différentes rues, mais nous ne voyons plus personne.
 » Au retour, Pont d’Avroy, une vieille connaissance, mais encore si jeune ! Il   » fait la manche. Il n’a pas de veste et est trempé : c’est lamentable. Il nous   » dit avoir déjà mangé mais on voit à quel point il est en panique de ne pas  » arriver à trouver l’argent nécessaire pour sa drogue. Quel fléau!

 » Rue Trappé, nous nous arrêtons près d’ un habitué, couché à sa place          » habituelle. Pas brillant pour lui non plus. Il nous parle de sa maladie              » incurable et semble totalement désabusé. On le serait à moins.
 » Que faire pour des personnes comme lui?
 » On rentre au local avec une ombre sur le coeur. Est-ce permis de rentrer      » chez soi bien au chaud quand des personnes seules et très malades             » dorment à même le sol…?
 » Toujours le même sentiment et pas de vraie réponse.

SDF, facteur d’intégration

Escalier vers Squat

Accès au Squat du Val-Benoît

Les services sociaux sont animés d’un objectif ambitieux : ré-accrocher les exclus à notre société.

Cet objectif est souhaitable et nous ne cessons en tant que sentinelles de conseiller à tous ceux que nous croisons d’aller voir les services sociaux ou médicaux, nous essayons aussi à notre niveau de faire œuvre utile dans ce cœur intégrationniste.

L’ambition d’insérer tout le monde est une course à obstacle et à handicap.  Tout d’abord, s’insérer dans quelle société ? Est-ce que notre mode de vie respire le bonheur partagé ? Avons-nous une société suffisamment sexy pour tous les attirer ?

Le SDF, s’il a quitté son  confort bourgeois, a de toute évidence ses raisons, ne pas les comprendre ou même ne pas essayer d’approcher cette souffrance ne résout rien et l’intégrer de force est sans espoir.

Notre société n’est pas à un paradoxe près, en réalité, le SDF qui fait la manche est un outil d’intégration dans la société : une mère pourra dire à son fils : « Travaille bien à l’école, sinon tu finiras comme lui ». Repoussoir utile, ange déchu ou démon.

La cohésion de la société est à ce prix : quelques malheureux pour assurer la cohésion de l’ensemble, hypocrisie de notre modernité.

 

Nouveau témoignage

Tournée du mardi 07 février 2012
(une soirée qui, si elle fut apparemment plus calme, ne doit pas nous leurrer : la détresse dans la rue, est bien réelle, mais n’en est que mieux cachée, lorsque les températures se font particulièrement basses. )

C’est donc par une température glaciale, – comme les jours précédents -, que Franco et moi, avons tourné seul dans les rues du centre-ville.
Nous rencontrerons 19 personnes.
Merci à Maggy, qui une fois encore nous a gâté : pain, charcuterie, fromage, beurre, café, gaufres, gants, etc…

Bas de la rue Saint-Gilles  :
Michaël
soucieux, gravit la rue St Gilles d’un pas pressé : Il s’excuse mais aimerait rejoindre l’abri de la caserne. Nous l’y encourageons.
Jeanne et Joseph sont contents de nous voir. Au menu : écoute et ravitaillement, notamment une paire de gants pour Joseph en remplacement des siens qui sont troués. Jeanne semble plus heureuse ce soir, que lorsqu’on la rencontre en présence de celui avec qui on la voit habituellement. Apparemment, ils ont un abri pour cette nuit. Arrive Sam : Il est sans gants aussi et recevra des moufles bien épaisses qu’il apprécie vraiment.
 

Un peu plus loin que le Forum, qui libère la foule venue assister au spectacle :
Norbert déambule le regard vide mais l’allure décidée, c’est d’un air assez désolé qu’il poursuit sa route en nous disant : « Je suis pressé. »
Fernand, dans sa chaise roulante, en plein courant d’air, ne veut rien… Il est angoissé ; il n’a qu’une seule idée en tête : il attend anxieusement un copain qui n’arrive pas, tandis qu’il voudrait rejoindre au plus tôt l’abri de nuit du CPAS. Je hasarde une réplique :
Si je serais dans le cas, à choisir, je préférerais la sécurité et la chaleur de l’abri de nuit !
Je crois que Fred n’était pas en état d’entendre. Il me fait toujours pitié et je pense que cela ne doit pas être facile de l’aider.
Arrivent ensuite les habitués…
Le trio : John, Bernard et Jean-Paul (de vrais buveurs de café : un thermos pour eux trois ! Malgré le froid, ils sont de bonne humeur. Un passant glisse discrètement un billet de 20 € dans la main de John en disant :
« C’est pour vous, pour vous acheter quelque chose de chaud ! »
Les connaissant, je suis sûr que le partage sera fait. Salvatore, Charles, puis  Christian, vinrent grossir le groupe, Arrive ensuite Vincenzo et son chien. Vincenzo demande du sucré mais pas de gaufres ni croissants. N’ayant rien d’autre à lui proposer, il s’éloigne rapidement. S’amènent ensuite Jérémy et Louis. Tout ce beau monde est content de nous voir : le cacao chaud eut beaucoup de succès ; le café et la soupe furent moins demandés. Le chien de Louis se délecta d’un bol de lait qui se vida en un temps record. Sandwiches, croissants et gaufres furent aussi apprécié, mais ce dont ils se sont le plus réjouis : ce sont les gants fourrés (à 1€) de Maggy ! Je lui demanderai, où elle s’est approvisionnée… En espérant qu’il en reste !
Je pense qu’ils ont tous reçus une paire. John est tout content, car il a reçu les plus flashant !

Nous voyons Place Cathédrale, une voiture coffre ouvert et une certaine animation. Je me dis : Voilà sûrement encore des braves gens qui, vu les conditions atmosphériques, ont décidé d’aider les sans-abri… En effet, un petit maghrébin s’approche de nous avec deux bols de soupe en main. Je repense à cet instant à Mounir, qui m’avait contacté pour pouvoir, faire partie des sentinelles, avec quelques copains. Dès le départ, j’ai trouvé très chouette, l’idée  d’être soutenu par de jeunes magrébins. C’était donc bien le Mounir auquel je pensais qui est venu, très sympathiquement offrir de la soupe. Nous avons parlé et je lui ai promis de le recontacter.
Arrive à son tour Tanguy, qui une fois ravitaillé, s’esquive le regard angoissé
Max l’épileptique s’approche à son tour, furtivement. Lui aussi  repartira aussi vite sans demander son reste ; lui aussi avait le front soucieux… Inutile de vouloir les retenir dans ces moments-là.
Nous remontons la rue des Dominicains : personne.
A la banque Dexia : Alberto (gêné d’être surpris, alors qu’il était occupé à sa petite préparation) et Dan, qui souhaite recevoir une couverture… mais seulement demain, parce que cette nuit, il dort chez Alberto. OK Chantal ? Nous conversons assez longtemps avec eux ; notamment sur l’accueil soi-disant inconditionnel et anonyme de Thermos. Alberto prétendit que ce n’est pas le cas : même si vous choisissez un nom d’emprunt, on peut retrouver votre vrai nom, avec votre n° d’inscription  de l’abri du CPAS.

Ndlr  : C’est une des raisons pour laquelle une partie des sans-abri ne rejoint pas les abris officiels. Une autre raison évoquée par Bernard, c’est l’impression de se retrouver enfermés comme dans une prison.

Sur le chemin du retour, nous ne rencontrerons plus personne ; nos sacs étant quasi vides, c’est peu avant 23h que se clôtura la soirée.

P.S.  : Au moment d’écrire ces lignes, je me suis renseigné sur la situation à  Thermos, hier soir : 28 sans-abri sont rentrés à l’abri ; une personne à été orientée vers la caserne ; une autre vers l’abri de nuit du CPAS, et c’est tout ! Ouf tout le monde a été casé ! ?
Oui et non…
Oui, tous ceux qui se sont présentés à l’abri, ont obtenu satisfaction.
Non, tous les sans-abri ne rejoignent pas les abris, même lorsque les conditions climatiques sont au plus défavorables ! D’où la sempiternelle question : Pourquoi ?
Répondre à cette question, tout en apportant les éléments nécessaires pour rejoindre les sans-abri dans leurs besoins, n’est ni plus ni moins un grand pas en avant dans la lutte contre la détresse et la précarité de rue… Mais à l’heure d’aujourd’hui, il n’y a pas encore de volonté réelle, pour aller dans cette direction. Le chemin semble encore bien long, mais l’espoir subsiste…

On y reviendra !

                                                                                                                      André

 

Témoignage de la rue

Sentinelles en tournée

Sentinelles en tournée

Cela fait longtemps que je vous promets des témoignages !
En voici un qui vous téléscope au coeur du Centre-ville, le soir,en plein hiver glacial.

Mais d’abord une page de Pub… Soutenez le  » Coeur SdF  » : c’est un projet superbe.

 

 

Tournée des Sentinelles de la Nuit du jeudi 3 février 2012.
Les basses températures ont fait leur apparition !
(Par respect pour nos amis de la rue, les prénoms ont été changés.)

C’est par un froid glacial que Chantal, Bernard, Jean-Michel, Jean-François et Paul, un futur bénévole, quittent le local, chargés comme des baudets.  Le vent est terrible !
Au coin de le rue, Denis sort du café où il est resté enfermé 2 heures aux toilettes, à lire
son livre pour se préserver du froid, il monte à l’ Abri Thermos .

Rue St Gilles : Norbert et  Serge : c’est l’heure d’aller chercher leur « marchandise »,
mais ils prendront le temps de se réchauffer autour d’un chocolat chaud  ou d’un café.
Nous donnerons une couverture à Norbert.
Danny vient nous rejoindre pour prendre un bol de soupe avant de remonter aux Sans-Logis.

Dexia: Bruno, avec son attelle, a reçu assez d’argent en faisant la manche pour  s’acheter de quoi manger. Nous resterons un bon moment à parler avec lui.

Face à l’opéra : Frans nous rejoint, suivi ensuite par Norbert, Marcel, Durant,
Ali, Jean,  Kriss, et Dominique
Frans est assez envahissant , comme à son habitude , il veut tout ce qu’on a dans nos sacs.
J’interviendrai pour qu’il donne à John, le polar qu’il vient de prendre, en lui expliquant qu’il a un appart, tandis que Johan passe la nuit dehors.
Dudu viendra se réchauffer et faire quelques provisions de sucreries avant de continuer son chemin.
Norbert souffre visiblement du froid, il tremble et nous répète qu’il ne va pas bien, qu’il va mourir s’il doit passer la nuit dehors. Nous lui donnerons un polar, un bonnet, des gants  et je téléphonerai à Thermos pour savoir s’ils ne savent pas héberger 2 personnes de la rue. La réponse fut NON… parce que complet ! Tout comme à la caserne et à l’abri de nuit du CPAS, rue Sur la Fontaine. On leur conseille d’aller se réchauffer quelques heures.

A la Dexia Bd Destenay : on trouve Benoit , bien au chaud.
En rentrant, on cherchera plus d’une demi heure après leur campement enfin de leur apporter des couvertures supplémentaires , nous ne les trouverons pas.
La détresse de Nic me poursuit depuis lors et je vais encore chercher après lui cette après-midi.
Tous demandent des gants. Comme nous n’en avions plus, plusieurs d’entre nous donneront les leur .

Place St Lambert
: Luc et Mathieu sont contents de nous voir , eux  aussi ont besoin de se réchauffer : ils demanderont des couvertures et des bougies.

Rue des Dominicains: Quelqu’un nous appelle : c’est Mick. Iil dort parfois chez xxx (une maison communautaires). Par ce froid polaire , il a juste une petite veste en jean , lui aussi nous dit qu’il va mourir cette nuit.
Nous commencerons par le réchauffer avec une soupe et un café, puis un bonnet et une écharpe.
un RDV est donné à 11 h pour venir chercher un pull, une veste et une couverture.

C est en nous rendant vers l’Evêché que je me suis prise une gamelle magistrale : j’ ai trébuché et je me suis retrouvée étendue de tout mon long sur le béton; Aie mon nez !
Aujourd’hui, j’ai le nez d’un boxeur !

Dans sa tente, Vincenzot  désire une boisson chaude : nous lui conseillons de ne pas laisser sa tente trop longtemps ouverte. René, lui, n’est pas encore rentré.

Boulevard d ‘Avroy : Armand apostrophe les passants pour avoir une petite pièce, mais ils
l’ignorent, tandis que lui se fâche. Lui aussi se plaint du froid ; il nous montre ses chaussures trouées à travers lesquelles on distingue ses pieds nus.
On ira lui chercher des chaussettes, des chaussures, et une couverture.

Retour au local pour préparer les couvertures et autres vêtements pour Luc et Mathieu, Mick et Armand. On leur avait donné rdv… et ils sont tous venus !
C’est les larmes dans les yeux et en nous embrassant qu’Armand nous dira un tout grand merci.
Lino, peu causant comme d’habitude, restera cette fois avec nous pour parler et nous remercier.
Mick nous dira  » Aujourd’hui, vous mesurez toute l’importance de votre action et je me suis dit que Dieu existe car il vous a mis sur mon chemin.  »

Soirée forte, dure… On rentre chez soi, bouleversé !
Nous avons pu nous entretenir avec une vingtaine de personnes.
Paul (nouveau candidat bénévole), a beaucoup apprécié cette tournée. Il a directement mis la main à la pâte .

Bon week-end, Chantal

L’hiver nous surprendra ! Les sans-abri surtout ! Comme chaque année ?

Incroyable, pour un 16 octobre : un barbecue comme en plein été ! (Voir article précédent)
.Mais que l’on ne s’y trompe pas : lentement mais sûrement, l’hiver frappe à la porte…

Comme chaque année, les sans-abri frapperont aux portes des abris de nuit…
Comme chaque année, les abris seront débordés…
Comme chaque année,  nos élus communaux se montreront impuissants à réagir…
Comme chaque année,  nous solliciterons votre bon coeur…

Comme chaque année ?
Non ! Refusons d’accepter que la pauvreté fasse partie de notre paysage quotidien.
La pauvreté est partout dans ce pays riche !  Inadmissible !
Soyons à la mode, indignons-nous aussi !
Si le gouvernement ne sait pas prendre ses responsabilités, cela ne nous empêche pas de prendre les nôtres !

Cette année, je vous propose, pas nécessairement de donner plus, mais de donner mieux.
Une couverture, c’est bien… mais un abri c’est beaucoup mieux. Alors regardez chez vous, ou aux alentours, s’il n’y aurait pas un endroit qui pourrait servir d’abri, même provisoire ? Un lieu désaffecté? Ou un coin de garage peut-être ?

Pensez-y… Et si de surcroît vous arrivez à établir un lien de confiance avec la personne hébergée (c’est d’ailleurs beaucoup plus facile qu’on ne le pense),  alors là,  croyez-moi, vous avez gagné le Paradis… Enfin, si vous y croyez !

N’hésitez donc pas à nous contacter si vous avez une idée ou un projet.

N’oubliez pas que nous avons aussi un projet qui vise à soulager la vie d’un sans-abri et à rendre sa dignité à celui qui l’a perdue (Notre projet accueil sentinelles).