Archive for the ‘Coup de gueule’ Category

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Ce que des amis, sans-abri racontent…

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Faut-il donner (ou pas) aux sans-abri qui vivent dans la misère ?

Cette question a toujours interpellé et il y aura toujours les uns qui seront « pour » et les autres qui seront « contre ».
Pourquoi nous sommes pour ?
-> D’abord nous ne portons pas de jugement sur les personnes que nous rencontrons (Pourquoi est-elle dans la rue ? Ce ne saurait être que de sa faute ! – Pourquoi se laisse-t-elle aller ainsi?  Elle n’a qu’à travailler !… Etc…)
-> Ensuite, nous ne jugeons pas de la véracité de leur histoire passée ou actuelle  (la vérité ?  C’est leur vérité : c’est ce qu’eux croient .)
-> Mais nous constatons la peur de rejoindre les centres d’accueil et de soins. Il s’agit en fait des peurs, car elles sont multiples.
-> Nous constatons aussi une grande fragilité, une profonde détresse qui ne peut laisser indifférent. Ils ne sauraient s’en sortir, que bien accompagné, avec beaucoup de patience et une fidélité à toutes épreuves.
-> Nous déplorons les limites des différents centres, en matière de soin et de capacité d’accueil.
-> Nous les voyons affamés, trempés ou dévêtus, blessés et malades et nous leur apportons ce dont ils ont besoin dans l’urgence, en ce moment précis.

Car, même si une personne refuse (apparemment) toute aide, faut-il pour autant le laisser là, en train d’agoniser ?

Alors, ma question de départ : « Faut-il donner ou pas aux sans-abri? »
Je vous suggère cette réponse : « Il faut se donner ! »

Et donc, nous faisant le porte-paroles des sans-abri,  nous n’hésitons pas à solliciter votre bon cœur…
-> Toute l’année, très régulièrement, ils ont besoin de bonnes chaussettes, des bas, des sous-vêtements, des mouchoirs en papier…
Quelquefois une bonne paire de chaussures de marche ; un sac de couchage.
-> Pour préparer les collations, nous avons toujours besoin de denrées non périssables, tel du café déca, du cacao en poudre, du sucre, des gobelets et cuillères en plastic, etc…

Vous pouvez déposer vos dons rue Trappé, n°12 à Liège, le soir entre 20h et 20h30 ou sur rendez-vous au n° 0491/ 591993
Merci pour votre compréhension.

Je suis heureux de pouvoir de vous rappeler au bon souvenir de nos amis les sans-abri, qui ont besoin d’être compris et aidés.
Merci pour eux

Le choix de la rue ?

SDF à l'entrée de la banque dormant au pied des automates

SDF à l'entrée de la banque dormant au pied des automates

Pensez-vous qu’une personne sans-abri puisse, en toute liberté, faire le choix de vouloir vivre dans la rue ?

Non, non, et non !

 

En tant qu’acteur de première ligne, nous ne pouvons accepter, ce que – pourtant – beaucoup pensent ( peut-être par ignorance ? ) et ce que d’autres disent (peut-être par convenance ?)…

Extrait du Plan Grands Froids Saison 2011  2012:

Le principe général consiste à ce que personne résidant habituellement sur le territoire du RSPL2– quel que soit son statut ou son absence de statut3 – ne se trouve à la rue, sans abri, contre sa volonté1  pendant le période hivernale4.

1. … contre sa volonté1 : Cela sous-tend clairement que certains sont à la rue par leur propre volonté !  INCROYABLE !

Une idée largement répandue.

Nous ne pouvons pas accepter d’entendre dire, ou de laisser sous-entendre qu’une certaine catégorie de sans-abri aurait fait le choix de vivre dans la rue ! ! !

Ceux qui osent le prétendre, le croient-ils vraiment, au fond d’eux-mêmes ?

Malheureusement, j’ai entendu untel (homme politique) se vanter d’avoir tendu une perche à un mendiant qui ne l’a pas acceptée… En réalité, c’est le politicien qui n’a pas su se mettre à l’écoute de la personne, lui préférant cette phrase assassine : « Mais alors, si c’est ton choix , restes-y donc dans ta m… » 

J’imagine, le cœur serré, ce monologue :

– Tu veux que l’on t’aide ?

– Oui, mais…

– Commence par obéir ! Tu n’as qu’à te plier à nos exigences ! Ce n’est pas difficile, puisque les autres y arrivent bien…

Oui, mais…

Ecoute, nous savons mieux que toi, ce qui est bon pour toi.

Oui, mais…

Tu veux savoir ?… Ce n’est pas pour tes beaux yeux que l’on s’occupe de toi, c’est dans l’intérêt de la société…  Pas celle que tu rêves dans ton coin, mais celle que nous voulons tous.

Si un jour vous croisez un pauvre bougre qui vous assure qu’il a fait le choix de la rue, allez-vous vraiment le croire ? Ne restez pas sur cette réponse incongrue, essayez d’en savoir plus ! N’oubliez pas que cet écorché de la vie, que vous voyez sale et négligé, conservera toujours un peu de fierté, et d’amour-propre… Comprenez donc, que c’est par révolte, par arrogance, par cynisme, ou même par crainte, ou pour avoir la paix, qu’il s’octroie le droit de vous balancer cette contre-vérité à la figure !

Ce qu’il aurait pu dire, ce qu’il aurait dû dire, ce qu’il aurait voulu dire, ce qu’il aura peut-être regretté de ne pas avoir dit, ce qu’il aurait pu nuancer, c’est que …

C’est la rue qui l’a choisi ; la rue avec tous ses pièges… Même l’autorité communale, sous protection légale, se transforme en prédateur sournois !

Mais au fond, oui… Celui-là a peut-être fait le choix de la rue, une première fois, juste pour goûter, juste le temps de… Un peu comme celui qui s’évade pour une retraite ou un pèlerinage. Ensuite, il aura probablement fait une seconde fois le choix de vivre dans la rue : lorsqu’il se sera rendu compte qu’il ne pourrait plus en sortir !

Je pourrais rapidement dresser une liste de motivations – toutes valables aux yeux du sans-abri – ; qui fait que la personne concernée ne rejoigne pas tel ou tel abri de nuit… (promiscuité, discipline, handicap, drogue, racket, racisme, refus, etc…)

Mais à quoi bon ! Je pense qu’il faudrait surtout, que l’autorité bien pensante, pense d’abord à rejoindre le sans- abri dans ses retranchements, dans ses faiblesses afin d’entendre ce que cette personne exclue désire réellement.

2. … résidant habituellement sur le territoire du RSPL2 :  Dès lors, sur quelles bases faut-il faire le tri ?

3. … son statut ou son absence de statut3 :  n’est-ce pas la personne qui devrait compter ?

4. … pendant le période hivernale4 :  et le reste de l’année, le sans-abri retourne à la rue ?

Conclusion : Tant que les professionnels n’auront qu’une idée en tête (la réinsertion), ils feront fausse route. Le jour où ils assimileront la notion de réinsertion à celle d’humanisation et de resocialisation, ce jour-là la précarité de rue sera en voie de disparition.

N’hésitez pas à partager ces réflexions avec vos contacts !

Il fait froid, 10 lits en moins

Abri de nuit – Thermos

Ce 15 novembre, il a fait froid, O degré, cette nuit, ce n’est pas beaucoup.  Les automobilistes pensent à mettre les pneus hiver, les personnes de la rue à trouver un peu de chaleur. L’abri de nuit de la caserne Saint-Laurent n’est pas ouvert, mais l’abri de nuit Thermos (au coin de la rue Saint-Laurent et de la rue Chevaufosse) ne pourra plus accueillir que 14 personnes à la place de 24.  Un incendie a rendu un étage de l’abri inaccessible. 

10 lits d’urgence en moins, l’urgence ne doit pas signifier la même chose pour tout le monde.

Autre combat, même répression ?

Dans la rue,  le jour surtout,  j’entends bien cette sentence des autorités, qui plane à l’encontre des sans-abri, tel un  rejet des écorchés de la vie qui trainent dans la rue : 
« Cachez-moi cette misère que je ne saurais voir ! »

Dans le témoignage ci-dessous, j’entends clairement cet autre message  : 
« Clouez-moi le bec à ces perturbateurs ! »

Dans les deux cas, il y a lieu de s’indigner…

« Lâchez les fauves » – Pierre Rapsat

Todayinliege, site assez neutre et consensuel, a aussi évoqué le fonctionnement de TADAM (projet liégeois de distribution contrôlée d’héroïne).  Le titre de leur article : « Les premiers héroïnomanes suivis par la Ville vont être lâchés dans la nature » évoque plutôt le lâcher des ours dans les Pyrénées comme si les héroïnomanes se comportait en fauves sauvages.   Ce vocabulaire traduit un sentiment de peur et d’incompréhension assez courant vis à vis des drogués et des sdf et de là naît toute une série d’approximation SDF=héroïnomane=voleur=menace pour la société.  Les mots sont importants et révèlent toujours un part d’inconscient.  Il serait temps de faire évoluer l’inconscient collectif assez enfermé dans des catégories étanches.

L’article de Todayinliege