Archive for the ‘Addictions et drogues’ Category

« Lâchez les fauves » – Pierre Rapsat

Todayinliege, site assez neutre et consensuel, a aussi évoqué le fonctionnement de TADAM (projet liégeois de distribution contrôlée d’héroïne).  Le titre de leur article : « Les premiers héroïnomanes suivis par la Ville vont être lâchés dans la nature » évoque plutôt le lâcher des ours dans les Pyrénées comme si les héroïnomanes se comportait en fauves sauvages.   Ce vocabulaire traduit un sentiment de peur et d’incompréhension assez courant vis à vis des drogués et des sdf et de là naît toute une série d’approximation SDF=héroïnomane=voleur=menace pour la société.  Les mots sont importants et révèlent toujours un part d’inconscient.  Il serait temps de faire évoluer l’inconscient collectif assez enfermé dans des catégories étanches.

L’article de Todayinliege

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Témoignage d’un SDF

11/07/2011

« On n’est jamais sorti d’affaires quand on vient de la rue »

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TÉMOIGNAGE –
Ancien SDF, Hosni est resté à la rue pendant sept ans. En 2009, il a croisé à Lyon le chemin d’un jeune auteur de BD, Maximilien Leroy qui a mis en images et en mots son histoire. Ce documentaire au crayon, pudique et réaliste, a touché les lycéens et apprentis de Rhône-Alpes qui lui ont décerné en mai dernier leur prix de la BD 2011. Hosni était aux côtés de Maximilien Leroy pour recevoir le prix ; les adolescents l’ont chaleureusement acclamé. Rencontre avec un homme grave et réfléchi qui n’en finit pas de panser ses blessures.

1. Réaction des Indignés suite à l’Arrêté du 01 Jul 11

En guise d’intro… l’hymne des indignés de la Place Saint Léonard
http://snd.sc/k045Zz   
… que l’on pourrait aussi appeler  » Le blues du trottoir  »

Ce vendredi 1er juillet à 13h30, la police s’est rendue sur le campement « Prends la Place » de l’esplanade Saint-Léonard, représentée par le Commissaire du quartier de Saint-Léonard et de 4 policiers en uniforme pour signifier l’expulsion du camp sous la forme d’une ordonnance émanant du Bourgmestre Willy Demeyer (copie jointe ci-dessous).
 
Cette ordonnance interrompt brutalement les négociations qui étaient en court comme l’attestent les derniers échanges de courriers effectués entre l’adresse mail du cabinet du bourgmestre et celle du mouvement liégeois « Prends la Place » (copies jointes ci-dessous).
 
Considérant nombre des accusations faites qui justifient cette ordonnance, infondées ou mensongères, le mouvement citoyen « Prends la Place » conteste la légitimité de cette ordonnance, à savoir, les membres du mouvement attestent unanimement que :
 
– le dialogue était bien en court et rien ne permet de justifier qu’il était dans l’impasse;

– la drogue est hélas un problème globalement présent dans la ville de Liège et n’est certainement pas inhérent à la présence du camp;

– comme nous l’avions déjà attesté lors des négociations précédentes, le matériel volé provenait de l’extérieur du campement et a été découvert et livré à la police par les membres du mouvement;

– aucun incident avec les chiens du campement n’a été signalé et nous attestons de la responsabilité accrue qu’ont montré leurs propriétaires;

– un seul incident de type « nuisance sonore » sur une occupation de plus d’un mois relève de l’anecdotique;

– le feu signalé sur l’esplanade provenait d’une veillée funéraire, en dehors du campement, en hommage à Gilles, à la rue depuis 18 ans, décédé aux abords de l’esplanade. Ce feu a été maîtrisé et éteint par les habitants du camp avant l’arrivée des services de l’intercommunale d’incendie;

– aucun encombrant n’a été signalé et tout le matériel présent sur le camp sert à la gestion de celui-ci;

– les bagarres ont toujours été maîtrisées par les membres du mouvement et nombre d’entre-elles provenaient de l’extérieur du camp, nous attestons par ailleurs, que la police à été interpelée officiellement, à plusieurs reprises, pour aider à gérer ces dernières mais n’est jamais venue. Nous l’avions signifié au Bourgmestre;

– la consommation d’alcool relèvent d’un problème de société et sont mieux gérés en collectivité que de manière isolée et de par ce fait, n’ont montré aucune nuisance réelle sur le camp;

– aucun incident concret créant un danger pour le citoyen n’a été signalé et nombre d’habitants du quartier continuent de fréquenter l’esplanade Saint-Léonard sans se plaindre de la présence du camp;

– l’approvisionnement d’eau potable sur le campement est largement suffisant;

– deux toilettes sèches, écologiques, ont été installées par nos propres moyens et sont également utilisées par les usagés de l’esplanade alors qu’aucune disposition sanitaire n’existait sur ce lieu.

– il est inconcevable d’imaginer que depuis plus d’un mois de présence sur le camp ses habitants ne se lavent pas. Une douche est en fonction sur le camp et les habitants du quartier, solidaires, prêtent régulièrement leurs salles de bain à cet effet alors qu’aucun bain public gratuit n’existe dans la ville de Liège.

– après plus d’un mois de présence sur la place publique et de préparation quotidienne de repas populaires allant jusqu’à 170 couverts, aucun incident n’a été signalé et tous les plans de travail et ustensiles de cuisine sont régulièrement désinfectés;
 
Pour ces faits, le mouvement s’oppose à l’expulsion et à la destruction du camp de la place Saint-Léonard, tel que cela a déjà eu lieu à Bruxelles.
Le mouvement « Prends la Place » continue de s’inscrire dans la ré-appropriation légitime et durable des espaces publics en réponse à une crise aussi bien locale que globale contre laquelle aucune proposition concrète émanant des pouvoirs en place n’a été faite.

Ce campement rend visibles certaines réalités sociales qui sont généralement occultées.

Nous avons appris à faire avec celles-ci. Depuis plus de 4 semaines les assemblées populaires sont l’occasion pour tous de reprendre une parole politique confisquée et d’inventer des formes inédites de « démocratie ». Quoi qu’il advienne, nous travaillons déjà à leur prolifération.

Face à la politique de l’autruche mise en place par les autorités de la ville de Liège, nous gardons la tête haute et réprouvons la volonté délibérée du Bourgmestre qui tend à saboter et décrédibiliser ce mouvement populaire.

Pour rester dignes indignons-nous !


ARRÊTÉ du 1er juillet 2011

LE BOURGMESTRE,

Vu la nouvelle Loi communale, et plus particulièrement ses articles 133, al. 2 et 135§2;

Considérant qu’un mouvement spontané dénommé « Les Indignés » a vu le jour à Liège, le 27 mai 2011;

Considérant que ce mouvement trouve sa source dans l’indignation des laissés-pour-compte de la société et œuvre en vue de réclamer plus de justice sociale, de dignité humaine, etc…

Considérant que les participants à ce mouvement se sont installés place Saint-Lambert le 27 mai dernier, sur le domaine public, sans titre ni droit;

Considérant qu’ils ont déménagé vers l’esplanade Saint-Léonard, le 11 juin dernier;

Considérant que l’Autorité communale a tenté d’instaurer, en vain, avec ces personnes, un dialogue afin de permettre la fin de cette occupation illicite du domaine public;

Considérant qu’aucune décision de consensus n’a pu être dégagée, les revendications des manifestants relevant pour partie, de la compétences des Autorités fédérales;

Considérant qu’il ressort du rapport de police du 20 juin 2011 établit par le Commissaire dirigeant le commissariat de Saint-Léonard que divers troubles à la tranquillité et à l’ordre public ont été constatés, à savoir :

– les policiers ont découvert sur le campement une bille d’héroïne et un sachet de cannabis;
– découverte du butin d’un vol dans une tente, par les services de police;
– divagation de chiens considérés comme dangereux à l’intérieur et à l’extérieur du campement;
– nuisances sonores constatées la nuit du vendredi 03 au samedi 04 juin, pour une fête spontanée ayant duré jusqu’à 03 heures du matin;
– les services de l’intercommunale d’incendie ont rencontré des difficultés pour contenir et éteindre un feu de bois organisé au milieu de l’esplanade Saint-Léonard, en raison de l’interposition de manifestants;


Considérant qu’il ressort également de ce rapport que les habitants du quartier se plaignent de nuisances engendrées par la présence de ce camp, à savoir :

– encombrants déposés partout sur le site;
– bagarres fréquentes sur le lieu de la manifestation;
– problèmes liés à la consommation d’alcool;


Considérant que de tels comportements troublent de manière significative la tranquillité et l’ordre publics, créant un danger non négligeable pour le citoyen;

Considérant, également que le rapport établit le 08 juin 2011 par Mme Ir. Christelle Briquet, Première Directrice spécifique aux Services de la Sécurité et de la Salubrité Publiques, à la suite de la visite réalisée par un agent technique de ses services, fait état de manquements en matière de salubrité, soit :

– absence de point d’eau potable;
– nombre insuffisant de toilettes au vu des occupants du camp (40 personnes);
– absence de douches pour l’hygiène corporelle;
– une des tentes présente fait office de cuisine et ne respecte pas les critères minimaux d’hygiène alimentaire (aliments entreposés à la chaleur ambiante, surface de préparation des aliments non lavable, présence de déchets en grande quantité…)
 

Considérant que ces comportements bafouent les règles élémentaires d’hygiène pouvant mettre en péril la situation des manifestants eux-mêmes;

Considérant, au vu de l’urgence de la situation qu’il convient de mettre fin, de manière adéquate et proportionnée, à ce trouble et que le meilleur moyen pour y parvenir consiste en l’évacuation immédiate du campement des « Indignés »,

ARRÊTÉ

Article 1 :
Le campement des « Indignés » présent sur le site de l’esplanade Saint-Léonard sera évacué par ses occupants, sans délai.

Article 2 :
Le présent arrêté entre en vigueur dés sa signature.

Article 3 :
M. le Chef de Corps de la Police Locale est chargé de l’exécution du présent arrêté.

Article 4 :
Des copies seront transmises à :

– M. Christian BEAUPERE, Chef de Corps (Secrétariat)
– Mme Christelle BRIQUET, 1ère Directrice technique
 

Fait à Liège, le 1 juill 2011
Le Bourgmestre,
Willy DEMEYER.
 

La vindicte populaire

Le monde est fou ; de plus en plus fou !

J’ai laissé passer l’orage… ( Est-il seulement passé ? )
Bien sûr, on est enclin d’avoir peur de Michèle Martin…
Mais à qui la faute ? 
Ne nous trompons pas de cible 
!

Le Pouvoir Politique édicte des lois pour protéger ses citoyens.

Mais comment les protège-t-il ?
La Justice qui régit notre démocratie, n’est pour moi, pas recevable.
La Justice Pénale, à maintes fois montré ses limites, ses injustices !

Nul n’ignore que les plus grands criminels sortiront un jour de prison.
La question n’est pas de savoir quand telle personne sortira de Lantin, de Forest ou d’ailleurs,… Non, ce qui importe, c’est de se  demander :
 » Dans quel état d’esprit, la personne incarcérée, sortira-t-elle un jour ? « 
La réponse n’est pas encourageante et devrait nous interpeller.

Comment fonctionne la Justice Pénale
 ?
Elle punit la personne pour un délit commis.
Cette punition est conséquente du danger que représente cette personne pour la société. On met donc le préjudiciable hors de danger de nuire, en l’écartant un certain temps (prison).
Qui y trouve son compte ? Personne, je pense.
Il faut dire que la Justice Pénale ne fait pas grand chose (ou si peu) pour conscientiser la personne incarcérée , pour le ré-éduquer, pour l’amener à regretter son geste,  pour l’inciter à réparer le tort causé, et enfin pour l’aider à repartir sur de bonnes bases.

Au contraire, la prison infantilise le détenu qui a tôt fait de se sentir « la » victime ! Et  donc, il ne saurait entretenir que des sentiments négatifs. Lors de sa sortie de prison, son équilibre psychologique en aura certainement pris un coup. Rien n’a été fait pour le remettre debout. Alors, il n’y a plus qu’à craindre lors de sa sortie de prison : pour lui, et pour les autres…

C’est contre cela qu’il faut se révolter. Dans notre système pénal, rien n’est juste :
Le condamné ? Il est puni deux fois (la prison en rajoute souvent une ou plusieurs couches. Il a rarement la possibilité de pouvoir se racheter).
La victime ? Elle n’y trouve pas son compte, non plus ! Elle ne reçoit pas l’aide qu’elle sollicite (l’écoute, les réponses à ses questions, une aide et un soutien à ses souffrances).

La société ? Elle se voit bernée et elle ne comprend pas : « Comment est-il possible qu’on laisse sortir un tel monstre ? »

Pourtant il est une autre Justice : « plus juste ! ».
Je vous ai déjà touché un mot sur la Justice Réparatrice (ou restauratrice).

Pour en savoir plus, je vous invite à vous procurer le dernier livre de la série
«  La Revue Nouvelle » : le N° de Mars 2011.

Un dossier « Justice restauratrice, justice d’avenir ? » s’ y trouve largement développé.
avec Jean-Pierre Malmendier, le papa de Corinne sauvagement assassinée le 12 Jul 92
(hélas, décédé récemment ), sa fille Cathy, un ex-détenu devenu éducateur, un magistrat, un criminologue, une juriste, un aumônier et d’autres personnes, qui témoignent…
Chacun témoigne avec son vécu, selon ses ressentis.
Tous nourrissent l’espoir de voir se mettre en place, peu à peu, une autre justice ;
une justice plus humaine…

Les « Sentinelles de la Nuit » adhèrent à cette vision de Justice Réparatrice : Leurs amis de la rue sont, pour une grosse partie, des petits délinquants qui font la navette Liège- Lantin. Lantin- Liège et ainsi de suite.
Nous sommes au cœur du sujet. Nous sommes au premier rang pour constater les lacunes de la Justice Pénale.

Voyez-vous ce que je vois ?

SDF

Nous sommes à Rome, le long de la gare Termini. Cette photo à été prise vers 20 h, de la fenêtre d’une chambre d’hôtel située en face. Quelques minutes auparavant, c’étaient des bénévoles de la Croix de Malte (comme La Fontaîne à Liège), qui distribuaient des colis pour les sans-abri.
Comme je voulais en avoir le coeur net, je suis descendu et je me suis renseigné auprès des sans-abri. En fait, le côté intéressant de la chose : quelques sans-abri se sont regroupés au-dessus d’une grande grille, soufflant de l’air chaud ! Ça me rappelle Fabrice (lol!)… Mais alors, cette structure en fer ? J’ai tout de même l’impression que c’est pour protéger ces malheureux des agressions nocturnes voire diurnes, dont ils font de plus en plus l’objet. Cela dit, il y a certainement beaucoup mieux à faire…
Cela reste scandaleux, vous ne trouvez pas ?

La misère est partout… Odieusement visible, mais plus personne ne la voit : deux mondes parallèles qui s’ignorent… L’autre, les autres, n’existent pas; ils n’existent plus !

Comment réagissez-vous ?

Quels sont vos sentiments lorsque vous croisez en rue, un couple de sans-abri – bras dessus/ bras dessous -, dans un état second, titubant et s’invectivant mutuellement, et prenant parfois un passant – ou les murs -, à témoin ?
Est-ce de la pitié, du dégoût, de la compassion ou de la peur que  vous éprouvez à leur égard ?
Personnellement, je crois que, paradoxalement, je me sens gagné par un sentiment de sécurité, de soulagement, et de confiance…
Au-delà de leur état physique, au-delà de leurs déchirements, il y a  l’amour. L’amour fragile, l’amour incompris, l’amour violent… Il y a ce quelque chose qui les fait tenir debout ; (enfin plus ou moins !)
Imaginez ce couple de drogués, profondément esclave de la drogue et de l’alcool :  elle se prostitue; lui fait la manche ; et le soir venu, ils se retrouvent dans les bras l’un de l’autre, pour se consoler et s’engueuler mutuellement : Pathétique ou réconfortant ?
Il est malheureusement plus facile, de porter un regard négatif sur ce tableau, que d’en apprécier les côtés positifs !

Bénédicte Mottoul a rendu son dernier soupir…

Un coeur déchiré, un esprit torturé, un corps souffrant, une âme en peine, voilà notre chère Bénédicte de la rue, – si jeune encore -, partie vers sa dernière demeure.
Puisse-t-elle goûter la joie et connaître la paix, qui lui ont tant manqué ici bas.