Archive for the ‘Actualités et politique’ Category

Une belle occasion de nous venir en aide !

ING organise un grand concours pour venir en aide à des associations méritantes, qui ont sollicité leur aide. Nous nous sommes, bien sûr, portés candidats,
Pour en savoir plus, cliquez sur le lien ci-dessous.

https://promo2.ing.be/solidarityAward/?LANG=fr&WT.mc_id=de_redirect_solidarityaward

Notre souhait, c’est que vous votiez pour nous, bien sûr !
Pour ce faire :
1. Cliquez d’abord sur : Votez sur votre association préférée.
2. Dans le choix de la province : cliquez sur Liège
3. Cliquez ensuite sur l’ASBL de votre choix
Grâce à vous, nous sommes remonté à la page 5… Mais j’espère que nous allons remonter peut-être jusqu’à la 1ère page ?

Un tout grand merci à vous.

N’oubliez pas de sensibiliser aussi tous vos amis, à cette action !

André

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Les lits de transit, pas pour les gens en transit…

Un accueil des SDF à revoir ? Un article de « La Libre » à lire absolument :  lien.

Repenser l’accueil…. il y a du travail, juste une idée pour aider à la réflexion sur « L’accès aux abris doit rester inconditionnel mais l’accueil devrait être conditionné à quelque chose » je propose de conditionner l’accueil aux abris par un mot de passe comme aux temps héroïques des Matines de Bruges,  pour octobre, par exemple  « Barakî d’ kermesse » et pour novembre « Vas’ à l’djote », pour la suite voir sur wikipedia.

SDF, facteur d’intégration

Escalier vers Squat

Accès au Squat du Val-Benoît

Les services sociaux sont animés d’un objectif ambitieux : ré-accrocher les exclus à notre société.

Cet objectif est souhaitable et nous ne cessons en tant que sentinelles de conseiller à tous ceux que nous croisons d’aller voir les services sociaux ou médicaux, nous essayons aussi à notre niveau de faire œuvre utile dans ce cœur intégrationniste.

L’ambition d’insérer tout le monde est une course à obstacle et à handicap.  Tout d’abord, s’insérer dans quelle société ? Est-ce que notre mode de vie respire le bonheur partagé ? Avons-nous une société suffisamment sexy pour tous les attirer ?

Le SDF, s’il a quitté son  confort bourgeois, a de toute évidence ses raisons, ne pas les comprendre ou même ne pas essayer d’approcher cette souffrance ne résout rien et l’intégrer de force est sans espoir.

Notre société n’est pas à un paradoxe près, en réalité, le SDF qui fait la manche est un outil d’intégration dans la société : une mère pourra dire à son fils : « Travaille bien à l’école, sinon tu finiras comme lui ». Repoussoir utile, ange déchu ou démon.

La cohésion de la société est à ce prix : quelques malheureux pour assurer la cohésion de l’ensemble, hypocrisie de notre modernité.

 

Autour de la folie meutrière : souffrance, justice, médiation…

Devoir d’enquête : « Délivrez-nous du mal » une très belle émission à voir ou à revoir.
C’est très long, mais cela vaut la peine. Si la 1ère demi-heure relate des faits d’horreurs, dont l’assassinat de Marc et Corine, ce sont surtout les témoignages de Jean-Pierre Malmendier, de la soeur de Corinne,  et de Jean-Marc Mahy  qui sont intéressants. La Justice restauratrice, notamment par l’ASBL Médiante avec des témoignages à l’appui, y est largement développée.
http://replay.fr/devoir-d-enquete-emission-du-14-decembre-2011-340277

A propos de la folie meurtrière de ce 13 décembre, place Saint-Lambert, il est bon de savoir que 350 détenu(e)s ont co-signé une lettre de solidarité. Cette initiative mérite d’être soulignée.
Lire ci-dessous

Les détenus de Lantin,

solidaires des victimes et de leurs familles

Lantin, le 14 décembre 2011.

Chères familles, chers Liégeois, chers citoyens,

Malgré notre enfermement, nous ne sommes pas indifférents au drame qui s’est passé à Liège ce mardi 13 décembre. Nous ne pouvions pas rester en silence face à un tel événement qui nous a touché, nous aussi.

Notre première pensée, nos premiers mots vont aux victimes et à leurs familles. Nous aussi nous avons des enfants qui vont à l’école et nous ne pouvons pas imaginer ce que l’on ressentirait si notre enfant mourrait ou était blessé dans de telles circonstances. Du fond du cœur nous vous présentons nos sincères condoléances. Aux blessés, nous souhaitons un rétablissement rapide et heureux.

Avec les Liégeois, nous avons retenu notre souffle en nous disant qu’il y avait peut-être un de nos proches dansla foule. Nousavons espéré un message rassurant de leur part. Nous attendions une explication ou tout au moins la vérité sur ce qui se passait en ville. Les médias annonçaient des choses contradictoires. Comme beaucoup nous avons vécu ces heures dans l’incertitude et l’angoisse. C’est dans ces moments que nos proches nous manquent, que nous voudrions les aimer plus encore, que nous voudrions être en paix à leurs côtés. La vie, la famille, l’amour,… sont fragiles, ensemble protégeons-les… voilà probablement ce qui nous anime aujourd’hui et que nous voudrions retenir de cet événement.

Nous n’avons pas de mot à exprimer à propos de l’auteur des faits car nous non plus, nous ne comprenons pas son geste. Le silence nous parait alors plus respectueux de tous. Cependant nous vous demandons de ne pas tomber dans l’amalgame facile qui consisterait à croire que tous les libérés conditionnels sont des assassins potentiels.

A l’approche des fêtes de fin d’année, puissions-nous être plus solidaires les uns des autres. Nous vous le souhaitons sincèrement.

Les 347 premiers signataires :

Sébastien D, Gaëtan C, Khalifa R, Frédéric M, Marc D, Gaëlle D, Marc S, Abdelrahim O, Hassan B, Patrick T, Roger Y, Arsim H, Georgette J, Guido M, Hassan Z, Gaëtan S, Marwan L, Alket P, Sadak N, Husnu S, Elise M, Phénicien J, Patrick M, Marc R, Serge D, Mounir E, Hamza B, Jacqueline, Mohamed B, Sami K, Mohamed N, Jean-Claude J, Ali A, Samir A, Pierre D, Laëtitia P, Irfan O, Cemal P, Lucien D, Christophe R, Youssef S, Gilbert V, Ihsan K, Géraldine B, Dany T, Rachid H, Christian J, Cafar K, Ahmed M, A-K, Sébastien S, Edith D, Naser A, Fouad E, Daniel N, Hasan A, Nsasi-Khonde L, Milan J, Jean-Michel V, Garofita M, Youssef H, Khalid N, Mohamed E, Christophe D, Angelo S, Mikaela C, Mirsad H, Gregory J, Dominique C, Grégory N, Alain D, Michel P, Bernard R, Doina M, Christian G, Fabrice H, Jean-François L, Sébastien J, David D, Garofita P, Calogero L, Patrick R,  Rudi M, Ali A, Moncef K, Christophe M, Hassan T, Mohamed A, Otman E, Jean-Claude L, Marcel H, Noureddine N, Tengiz K, Luigi S, Hamza G, Sabrina D, Yeison G, Mustapha A, Jean-Fran V, Naser J, Mohammed M, Monja P, Adil R, Ahmdan D, Robert F, Hamid A, Andrea B, Khaled B, Omar E, Samir B, Koky D, Kram K, Pascal R, Hakim G, Steven N, Sacha D, Yassin A, Fabrice M, Jennifer M, Islam S, Hassan B, Abdeslam E, Marco B, Abel-Jean D, Angel G, Hamma M, Marie R, Gerlando T, Khalid B, Vincent B, Anouar E, Ahmed O, Norddine I, G. D, Bernadette B, Jean-Claude W, Lambert F, Olivier B, Farid A, Joël S, Alain V, Cindy S, Jean D, Patrick S, Siya N, Suayip U, Murat U, Brahim B, Ilhan P, Engin O, Marc L, Félicie V, Serge R, Julien V, Sébastien M, Khalid E, Guy M, Ludovic V, Patricia O, Bladi-Karim T, Z’himi R, Ahmed R, Amine J, Ricardo Q, Monsime D, Rita B, Jacques V, Patrick G, Mohamed B, Khalil I, Frédéric F, Baghrlad G, Abdelghani T, Amin S, Maria L, Mustapha K, Naïm B, Sébastien B, Saïd H, Toni R, Michaël N, Aboubaker R, Nourreddine R, Fidan B, Hermann K, Salvatore T, Olivier R, Sébastien G, Sébastien F, Fabian M, Imed A, Saïd T, Tarek B, Michaël H, Patrick A, Bekkay D, Saïd K, Perparim S Ardian B, Hamza H, Abdelhafidh M, Camille l, Fabian C, Mohamed W, Adhel F, Aleksander K, Gilles M, Rachid T, Rachid E, Rachid J, Mohamed H, Faton T, Jean-Claude H, Ferenc A, Franco P, Rihani H, Mohamed K, Ermir B, Xhelal D, Abdelmajid E, Pavel R, Belhssen D, Giovanni M, Safet N, Marc S, Abdelkader K, Beniahia Z, Marc T, Maxime B, Louizi H, David S, Sandro I, Gengis A, Geoffrey S, Pierre B, Nzola B, John S, Said C, German S, Saïd T, Kamal A, Yves P, Cédric B, Alain G, Philippe S, Patrick D, Jeton T, Luc G, Mahmut O, Aladin A, Michaël W, Melvin N, Eric S, Mohamed A, Hassan B, Mohamed B, Mohamed A, Abderrahim E, Mourad Z, Pablo K, Bruno G, Dan J, Mohamed R, Alain M, Kevin B, Michaël D, Jamal I, Memedine I, Dylan L, Zaimir H, Florin P, Veip O, Geron Z, Thomas B, Frédéric A, Alan D, Mounir T, Noureddine T, Hamoudi A, Mouez B, Cuma B, Patrick D, Frédéric B, Habasi W, Mohamed K, Thibaud B, Mike M, Jamal A, Fouzi D, Mouhcine A, Medzad M, Vladan D, Michaël K, André R, Semi G, Kevin T, Abdel H, Salvatore R, Walid A, Khalid C, Foued T, Ibrahim E, Zakaria H, Giancarlo I, Jamal B, Pierick M, Nicolas B, Jamel E, Mustafa O, Jamel H, Atef K, Jean-Denis V, Eric B, Kuyinduka K, Jérémie L, Isa A, Laurent V, Ilirian R, Carmelo P, Wjemm K, Xavier L, Yves B, Steve L, Rudy K, Grégory C, Sylvio C, Alain R, Chris A, Frédéric J, Sébastien F, Lello L, Jean B, Christian J, Bruno C, Alain L, Rainer M, Emile L, Jean-Luc V, Stéphane F, Frédéric T, Ludovic C, Hassan I, Serge M, Sébastien R, Lionel H, Raphaël T, Michaël M, Michel P.

Gérard De Coninck, un ancien directeur de prison, raconte…

Faudra-t-il encore s’étonner de fréquents aller-retour « La rue-Lantin / Lantin- La rue » ?… avec parfois un passage-éclair dans un centre de cure  ?

Prisons :  » On a perdu la guerre de la drogue  »

 

Le choix de la rue ?… Suite.

Voici une vidéo intéressante  qui vient étayer ce sujet : Témoignage du Docteur Jacques Hassin, en charge depuis des années des personnes en situation d’extrême exclusion.

Deux petites remarques personnelles :

1. Dans ce reportage, qui date de 2007, le docteur fait ressortir qu’en France, la moyenne d’âge des sans-abri serait de 50 ans. Nous pouvons affirmer qu’aujourd’hui à Liège, le sans-abri moyen est bien plus jeune ! 18 ans, 20 ans, 25 ans, 30 ans… c’est très courant. Au-dessus de 50 ans, c’est devenu l’exception.

2. Le Docteur Hassin met en exergue la compétence dont les bénévoles doivent faire preuve pour venir en aide aux sans-abri.

Je tiens juste à signaler qu’ici en Belgique, les formations coûtent très chers. On ne peut pas demander aux bénévoles d’investir de leur poche pour une telle formation. Les jeunes ASBL comme la nôtre, sont aussi mises à mal de devoir payer un montant excessif pour que ses membres puissent se former !  Et quand bien même nous trouvions les sous nécessaires, nous nous posons la question : L’argent que l’on nous donne, ne devrait-il pas plutôt être rétrocédé directement, d’une manière ou d’une autre, aux sans-abri ?

Cela dit, ce témoignage est très révélateur, pour les uns et pour les autres.

La vie dans la rue

Le choix de la rue ?

SDF à l'entrée de la banque dormant au pied des automates

SDF à l'entrée de la banque dormant au pied des automates

Pensez-vous qu’une personne sans-abri puisse, en toute liberté, faire le choix de vouloir vivre dans la rue ?

Non, non, et non !

 

En tant qu’acteur de première ligne, nous ne pouvons accepter, ce que – pourtant – beaucoup pensent ( peut-être par ignorance ? ) et ce que d’autres disent (peut-être par convenance ?)…

Extrait du Plan Grands Froids Saison 2011  2012:

Le principe général consiste à ce que personne résidant habituellement sur le territoire du RSPL2– quel que soit son statut ou son absence de statut3 – ne se trouve à la rue, sans abri, contre sa volonté1  pendant le période hivernale4.

1. … contre sa volonté1 : Cela sous-tend clairement que certains sont à la rue par leur propre volonté !  INCROYABLE !

Une idée largement répandue.

Nous ne pouvons pas accepter d’entendre dire, ou de laisser sous-entendre qu’une certaine catégorie de sans-abri aurait fait le choix de vivre dans la rue ! ! !

Ceux qui osent le prétendre, le croient-ils vraiment, au fond d’eux-mêmes ?

Malheureusement, j’ai entendu untel (homme politique) se vanter d’avoir tendu une perche à un mendiant qui ne l’a pas acceptée… En réalité, c’est le politicien qui n’a pas su se mettre à l’écoute de la personne, lui préférant cette phrase assassine : « Mais alors, si c’est ton choix , restes-y donc dans ta m… » 

J’imagine, le cœur serré, ce monologue :

– Tu veux que l’on t’aide ?

– Oui, mais…

– Commence par obéir ! Tu n’as qu’à te plier à nos exigences ! Ce n’est pas difficile, puisque les autres y arrivent bien…

Oui, mais…

Ecoute, nous savons mieux que toi, ce qui est bon pour toi.

Oui, mais…

Tu veux savoir ?… Ce n’est pas pour tes beaux yeux que l’on s’occupe de toi, c’est dans l’intérêt de la société…  Pas celle que tu rêves dans ton coin, mais celle que nous voulons tous.

Si un jour vous croisez un pauvre bougre qui vous assure qu’il a fait le choix de la rue, allez-vous vraiment le croire ? Ne restez pas sur cette réponse incongrue, essayez d’en savoir plus ! N’oubliez pas que cet écorché de la vie, que vous voyez sale et négligé, conservera toujours un peu de fierté, et d’amour-propre… Comprenez donc, que c’est par révolte, par arrogance, par cynisme, ou même par crainte, ou pour avoir la paix, qu’il s’octroie le droit de vous balancer cette contre-vérité à la figure !

Ce qu’il aurait pu dire, ce qu’il aurait dû dire, ce qu’il aurait voulu dire, ce qu’il aura peut-être regretté de ne pas avoir dit, ce qu’il aurait pu nuancer, c’est que …

C’est la rue qui l’a choisi ; la rue avec tous ses pièges… Même l’autorité communale, sous protection légale, se transforme en prédateur sournois !

Mais au fond, oui… Celui-là a peut-être fait le choix de la rue, une première fois, juste pour goûter, juste le temps de… Un peu comme celui qui s’évade pour une retraite ou un pèlerinage. Ensuite, il aura probablement fait une seconde fois le choix de vivre dans la rue : lorsqu’il se sera rendu compte qu’il ne pourrait plus en sortir !

Je pourrais rapidement dresser une liste de motivations – toutes valables aux yeux du sans-abri – ; qui fait que la personne concernée ne rejoigne pas tel ou tel abri de nuit… (promiscuité, discipline, handicap, drogue, racket, racisme, refus, etc…)

Mais à quoi bon ! Je pense qu’il faudrait surtout, que l’autorité bien pensante, pense d’abord à rejoindre le sans- abri dans ses retranchements, dans ses faiblesses afin d’entendre ce que cette personne exclue désire réellement.

2. … résidant habituellement sur le territoire du RSPL2 :  Dès lors, sur quelles bases faut-il faire le tri ?

3. … son statut ou son absence de statut3 :  n’est-ce pas la personne qui devrait compter ?

4. … pendant le période hivernale4 :  et le reste de l’année, le sans-abri retourne à la rue ?

Conclusion : Tant que les professionnels n’auront qu’une idée en tête (la réinsertion), ils feront fausse route. Le jour où ils assimileront la notion de réinsertion à celle d’humanisation et de resocialisation, ce jour-là la précarité de rue sera en voie de disparition.

N’hésitez pas à partager ces réflexions avec vos contacts !