Archive for the ‘Abri de nuit’ Category

Ce que des amis, sans-abri racontent…

http://www.rtbf.be/video/embed?id=1974731#

La guerre des lits

Nouvel article : Bientôt la guerre des lits dans les abris de nuit , un article de TodayinLiège, à lire ici.

Autre article édifiant mais sans commentaire….

Les lits de transit, pas pour les gens en transit…

Un accueil des SDF à revoir ? Un article de « La Libre » à lire absolument :  lien.

Repenser l’accueil…. il y a du travail, juste une idée pour aider à la réflexion sur « L’accès aux abris doit rester inconditionnel mais l’accueil devrait être conditionné à quelque chose » je propose de conditionner l’accueil aux abris par un mot de passe comme aux temps héroïques des Matines de Bruges,  pour octobre, par exemple  « Barakî d’ kermesse » et pour novembre « Vas’ à l’djote », pour la suite voir sur wikipedia.

Hiver 2012

http://www.rtbf.be/info/societe/detail_bruxelles-ou-accueillir-les-personnes-sans-abri?id=7524473

http://www.rtbf.be/info/societe/detail_il-y-a-des-restos-du-coeur-un-peu-partout-voici-les-contacts?id=7524293

Venez nous retrouver au salon du volontariat

Abri de nuit supplétif du Plan Hiver
Abri de nuit – Caserne Saint Laurent

Ces vendredi, samedi et dimanche, nous serons présents au salon du volontariat.  Vous aurez l’occasion de nous rencontrer (ainsi que de nombreuses associations).  Le salon du volontariat se déroule à la caserne St Laurent – rue St Laurent 79 – accessible en voiture.  C’est gratuit.  Pour information, la caserne St Laurent est aussi un abri de nuit qui accueille les sans-abris durant 4 mois cet hiver. Notre folder de présentation

Nouveau témoignage

Tournée du mardi 07 février 2012
(une soirée qui, si elle fut apparemment plus calme, ne doit pas nous leurrer : la détresse dans la rue, est bien réelle, mais n’en est que mieux cachée, lorsque les températures se font particulièrement basses. )

C’est donc par une température glaciale, – comme les jours précédents -, que Franco et moi, avons tourné seul dans les rues du centre-ville.
Nous rencontrerons 19 personnes.
Merci à Maggy, qui une fois encore nous a gâté : pain, charcuterie, fromage, beurre, café, gaufres, gants, etc…

Bas de la rue Saint-Gilles  :
Michaël
soucieux, gravit la rue St Gilles d’un pas pressé : Il s’excuse mais aimerait rejoindre l’abri de la caserne. Nous l’y encourageons.
Jeanne et Joseph sont contents de nous voir. Au menu : écoute et ravitaillement, notamment une paire de gants pour Joseph en remplacement des siens qui sont troués. Jeanne semble plus heureuse ce soir, que lorsqu’on la rencontre en présence de celui avec qui on la voit habituellement. Apparemment, ils ont un abri pour cette nuit. Arrive Sam : Il est sans gants aussi et recevra des moufles bien épaisses qu’il apprécie vraiment.
 

Un peu plus loin que le Forum, qui libère la foule venue assister au spectacle :
Norbert déambule le regard vide mais l’allure décidée, c’est d’un air assez désolé qu’il poursuit sa route en nous disant : « Je suis pressé. »
Fernand, dans sa chaise roulante, en plein courant d’air, ne veut rien… Il est angoissé ; il n’a qu’une seule idée en tête : il attend anxieusement un copain qui n’arrive pas, tandis qu’il voudrait rejoindre au plus tôt l’abri de nuit du CPAS. Je hasarde une réplique :
Si je serais dans le cas, à choisir, je préférerais la sécurité et la chaleur de l’abri de nuit !
Je crois que Fred n’était pas en état d’entendre. Il me fait toujours pitié et je pense que cela ne doit pas être facile de l’aider.
Arrivent ensuite les habitués…
Le trio : John, Bernard et Jean-Paul (de vrais buveurs de café : un thermos pour eux trois ! Malgré le froid, ils sont de bonne humeur. Un passant glisse discrètement un billet de 20 € dans la main de John en disant :
« C’est pour vous, pour vous acheter quelque chose de chaud ! »
Les connaissant, je suis sûr que le partage sera fait. Salvatore, Charles, puis  Christian, vinrent grossir le groupe, Arrive ensuite Vincenzo et son chien. Vincenzo demande du sucré mais pas de gaufres ni croissants. N’ayant rien d’autre à lui proposer, il s’éloigne rapidement. S’amènent ensuite Jérémy et Louis. Tout ce beau monde est content de nous voir : le cacao chaud eut beaucoup de succès ; le café et la soupe furent moins demandés. Le chien de Louis se délecta d’un bol de lait qui se vida en un temps record. Sandwiches, croissants et gaufres furent aussi apprécié, mais ce dont ils se sont le plus réjouis : ce sont les gants fourrés (à 1€) de Maggy ! Je lui demanderai, où elle s’est approvisionnée… En espérant qu’il en reste !
Je pense qu’ils ont tous reçus une paire. John est tout content, car il a reçu les plus flashant !

Nous voyons Place Cathédrale, une voiture coffre ouvert et une certaine animation. Je me dis : Voilà sûrement encore des braves gens qui, vu les conditions atmosphériques, ont décidé d’aider les sans-abri… En effet, un petit maghrébin s’approche de nous avec deux bols de soupe en main. Je repense à cet instant à Mounir, qui m’avait contacté pour pouvoir, faire partie des sentinelles, avec quelques copains. Dès le départ, j’ai trouvé très chouette, l’idée  d’être soutenu par de jeunes magrébins. C’était donc bien le Mounir auquel je pensais qui est venu, très sympathiquement offrir de la soupe. Nous avons parlé et je lui ai promis de le recontacter.
Arrive à son tour Tanguy, qui une fois ravitaillé, s’esquive le regard angoissé
Max l’épileptique s’approche à son tour, furtivement. Lui aussi  repartira aussi vite sans demander son reste ; lui aussi avait le front soucieux… Inutile de vouloir les retenir dans ces moments-là.
Nous remontons la rue des Dominicains : personne.
A la banque Dexia : Alberto (gêné d’être surpris, alors qu’il était occupé à sa petite préparation) et Dan, qui souhaite recevoir une couverture… mais seulement demain, parce que cette nuit, il dort chez Alberto. OK Chantal ? Nous conversons assez longtemps avec eux ; notamment sur l’accueil soi-disant inconditionnel et anonyme de Thermos. Alberto prétendit que ce n’est pas le cas : même si vous choisissez un nom d’emprunt, on peut retrouver votre vrai nom, avec votre n° d’inscription  de l’abri du CPAS.

Ndlr  : C’est une des raisons pour laquelle une partie des sans-abri ne rejoint pas les abris officiels. Une autre raison évoquée par Bernard, c’est l’impression de se retrouver enfermés comme dans une prison.

Sur le chemin du retour, nous ne rencontrerons plus personne ; nos sacs étant quasi vides, c’est peu avant 23h que se clôtura la soirée.

P.S.  : Au moment d’écrire ces lignes, je me suis renseigné sur la situation à  Thermos, hier soir : 28 sans-abri sont rentrés à l’abri ; une personne à été orientée vers la caserne ; une autre vers l’abri de nuit du CPAS, et c’est tout ! Ouf tout le monde a été casé ! ?
Oui et non…
Oui, tous ceux qui se sont présentés à l’abri, ont obtenu satisfaction.
Non, tous les sans-abri ne rejoignent pas les abris, même lorsque les conditions climatiques sont au plus défavorables ! D’où la sempiternelle question : Pourquoi ?
Répondre à cette question, tout en apportant les éléments nécessaires pour rejoindre les sans-abri dans leurs besoins, n’est ni plus ni moins un grand pas en avant dans la lutte contre la détresse et la précarité de rue… Mais à l’heure d’aujourd’hui, il n’y a pas encore de volonté réelle, pour aller dans cette direction. Le chemin semble encore bien long, mais l’espoir subsiste…

On y reviendra !

                                                                                                                      André

 

Le choix de la rue ?

SDF à l'entrée de la banque dormant au pied des automates

SDF à l'entrée de la banque dormant au pied des automates

Pensez-vous qu’une personne sans-abri puisse, en toute liberté, faire le choix de vouloir vivre dans la rue ?

Non, non, et non !

 

En tant qu’acteur de première ligne, nous ne pouvons accepter, ce que – pourtant – beaucoup pensent ( peut-être par ignorance ? ) et ce que d’autres disent (peut-être par convenance ?)…

Extrait du Plan Grands Froids Saison 2011  2012:

Le principe général consiste à ce que personne résidant habituellement sur le territoire du RSPL2– quel que soit son statut ou son absence de statut3 – ne se trouve à la rue, sans abri, contre sa volonté1  pendant le période hivernale4.

1. … contre sa volonté1 : Cela sous-tend clairement que certains sont à la rue par leur propre volonté !  INCROYABLE !

Une idée largement répandue.

Nous ne pouvons pas accepter d’entendre dire, ou de laisser sous-entendre qu’une certaine catégorie de sans-abri aurait fait le choix de vivre dans la rue ! ! !

Ceux qui osent le prétendre, le croient-ils vraiment, au fond d’eux-mêmes ?

Malheureusement, j’ai entendu untel (homme politique) se vanter d’avoir tendu une perche à un mendiant qui ne l’a pas acceptée… En réalité, c’est le politicien qui n’a pas su se mettre à l’écoute de la personne, lui préférant cette phrase assassine : « Mais alors, si c’est ton choix , restes-y donc dans ta m… » 

J’imagine, le cœur serré, ce monologue :

– Tu veux que l’on t’aide ?

– Oui, mais…

– Commence par obéir ! Tu n’as qu’à te plier à nos exigences ! Ce n’est pas difficile, puisque les autres y arrivent bien…

Oui, mais…

Ecoute, nous savons mieux que toi, ce qui est bon pour toi.

Oui, mais…

Tu veux savoir ?… Ce n’est pas pour tes beaux yeux que l’on s’occupe de toi, c’est dans l’intérêt de la société…  Pas celle que tu rêves dans ton coin, mais celle que nous voulons tous.

Si un jour vous croisez un pauvre bougre qui vous assure qu’il a fait le choix de la rue, allez-vous vraiment le croire ? Ne restez pas sur cette réponse incongrue, essayez d’en savoir plus ! N’oubliez pas que cet écorché de la vie, que vous voyez sale et négligé, conservera toujours un peu de fierté, et d’amour-propre… Comprenez donc, que c’est par révolte, par arrogance, par cynisme, ou même par crainte, ou pour avoir la paix, qu’il s’octroie le droit de vous balancer cette contre-vérité à la figure !

Ce qu’il aurait pu dire, ce qu’il aurait dû dire, ce qu’il aurait voulu dire, ce qu’il aura peut-être regretté de ne pas avoir dit, ce qu’il aurait pu nuancer, c’est que …

C’est la rue qui l’a choisi ; la rue avec tous ses pièges… Même l’autorité communale, sous protection légale, se transforme en prédateur sournois !

Mais au fond, oui… Celui-là a peut-être fait le choix de la rue, une première fois, juste pour goûter, juste le temps de… Un peu comme celui qui s’évade pour une retraite ou un pèlerinage. Ensuite, il aura probablement fait une seconde fois le choix de vivre dans la rue : lorsqu’il se sera rendu compte qu’il ne pourrait plus en sortir !

Je pourrais rapidement dresser une liste de motivations – toutes valables aux yeux du sans-abri – ; qui fait que la personne concernée ne rejoigne pas tel ou tel abri de nuit… (promiscuité, discipline, handicap, drogue, racket, racisme, refus, etc…)

Mais à quoi bon ! Je pense qu’il faudrait surtout, que l’autorité bien pensante, pense d’abord à rejoindre le sans- abri dans ses retranchements, dans ses faiblesses afin d’entendre ce que cette personne exclue désire réellement.

2. … résidant habituellement sur le territoire du RSPL2 :  Dès lors, sur quelles bases faut-il faire le tri ?

3. … son statut ou son absence de statut3 :  n’est-ce pas la personne qui devrait compter ?

4. … pendant le période hivernale4 :  et le reste de l’année, le sans-abri retourne à la rue ?

Conclusion : Tant que les professionnels n’auront qu’une idée en tête (la réinsertion), ils feront fausse route. Le jour où ils assimileront la notion de réinsertion à celle d’humanisation et de resocialisation, ce jour-là la précarité de rue sera en voie de disparition.

N’hésitez pas à partager ces réflexions avec vos contacts !