Conseils à ceux qui souhaitent héberger des sans-abri…

A tous ceux qui proposent d’héberger, à court ou à long terme des sans-abri, j’aimerais leur signaler que cette volonté, si noble soit-elle, comporte des risques non négligeables. Nous les Sentinelles de la Nuit, qui côtoyons depuis longtemps des sans-abri, nous avons pu tisser des liens étroits d’amitiés, avec beaucoup d’entre eux.. Il faut cependant savoir qu’il s’agit de personnes très fragilisées et donc,  même si nous avons appris à connaître les bons côtés, un peu cachés de leur personnalité, nous ne pourrions nous permettre de prendre le risque de vous proposer telle ou telle personne en détresse, car il restera toujours une part cachée, mystérieuse, de la personne fragilisée; qui l’est souvent, depuis sa prime jeunesse : ce qui nous empêche de nous porter garant pour eux.
Vous n’êtes pas sans savoir que la rue est un enfer pour ceux qui y sont tombés et qui ont fini par y élire domicile. Un enfer où la drogue, comme l’alcool leur apparaît comme un soutien, comme une bouée de sauvetage. Mais lorsqu’ils se rendent compte que ces dérivatifs ne sauvent rien du tout, il est trop tard !
Comme je trouve tout de même l’idée super géniale, de vouloir offrir un gîte aux sans-abri, je me permets de proposer d’autres pistes…
Pourquoi ne pas vous adresser à des organismes officiels et professionnels pour leur signaler vos possibilités d’hébergement ?
Je pense à l’urgence sociale du CPAS
Je pense à toute les maisons de cure et de réinsertion d’où sortent  des personnes sevrées, mais étant sans-abri, ne savent où aller !
Je pense surtout aux sortants de prison, désintoxiqués, ayant longtemps réfléchis sur leur passé et bien décidés à tirer un trait sur ce passé-là ! Mais si motivés soient-ils, que peuvent-ils faire, s’ils sont seuls ? Où peuvent-ils aller lorsqu’ils ne reçoivent, à la sortie de prison, qu’un ticket de transport ?  Tous redoutent de se retrouver à Liège, pour les raisons que l’on peut bien imaginer !

Celui ou celle qui s’engage  à héberger un sans-abri, doit donc savoir qu’implicitement, elle s’engage à l’accompagner dans son cheminement, vers une nouvelle autonomie. Sans quoi, l’hébergement ne serait guère salutaire.

André

 

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6 responses to this post.

  1. Posted by Jean-Claude Lejuste on 9 février 2012 at 13 h 36 min

    Vous avez bien raison de souligner le caractère professionnel de l’accompagnement à assurer. Il faut une formation d’assistant social pour éviter de très désagréables surprises et être capable d’exercer une autorité sur des gens habitués à vivre sans contrainte. Si le Cpas ne peut pas vous aider, n’y pensez même pas, vous mettriez votre famille en danger.

    Réponse

    • je voudrais simplement témoigner comme jeune maman célibataire ayant acceuilli à plusieurs reprises des personnes sdf pour un temps (d’une semaine à quelques mois). Je suis d’accord qu’il faut être prudent. Après, je ne suis pas d’accord avec le coté « professionnel « qui vous semble nécessaire. Il est possible d’acceuillir des personnes sans pour autant se placer en sauveur ou en soutien absolu. Personnellement j’ai appris par l’expérience qu’il vaut mieux avoir une longue conversation avec la personne à la base pour connaitre sa situation et ce qu’elle souhaite pour la suite de sa vie. A partir de là, fixer ce qu’on propose. De mon coté je commence par proposer une durée d’hébergement que je finit en général par prolonger si besoin mais je ne fait pas part à la personne de cette possibilité dans un premier temps. Cela me donne une porte de sortie et rend les choses claires dans le chef de la personne. Et aussi quelques règles de la maison.
      Je fait quelques démarches en fonction de la personne mais m’arrange toujours pour qu’elle fasse au moins une partie du travail. cela la cnfronte à la réalité, a ses capacités, l’implique dans les démarches. Ensuite je propose des outils en fonction (planning affiché, horaires aménagés,..). Et la dernière chose c’est être prêt à tout, dans le sens ou ces personnes sont souvent amenées à mentir pour s’en sortir ou se proteger dans leur parcours. On est donc pas à l’abri des surprises mais je pense qu’il ne faut jamais le prendre pour soi et toujours considérer que la personne est dans une situation particulière aussi par rappport à vous, qui l’acceuilliez et qu’elle ne connait pas. Voila

      Ce n’est évidemment que mon modeste avis, et chaque situation étant différente… Mais je tire de chaque experience des enseignements pour la suite 😉 !

      Bonne journée !

      Réponse

      • Une dernière chose, ne pas esperer un résultat !! dans le sens ou simplement le fait de pouvoir poser ses affaires qq part et dormir en sécurité , est déja un soulagement pour la personne qui est à la rue. Cela lui redonne des forces et lui permet d’être moins « en état de survie » et de pouvoir entreprendre des démarches … Après la question du départ de la personne sans qu’une solution n’est encore été trouvée est toujours un moment difficile. Mais je préfère vivre cela que de ne pas héberger du tout quelq’un. Parfois une solution de squat peut être trouvée qq part, mais je laisse cela à l’opinion de chacun(e). 😉 !

      • Posted by André on 9 février 2012 at 16 h 17 min

        Merci pour ce témoignage

  2. Posted by Jean Pierre Steffens on 9 février 2012 at 14 h 58 min

    Je voudrais souligner sur ce point que « professionnalisme » s’entend comme contraire de « amateurisme ». Si « professionnel = ayant un jour gagné un papier certifiant A.S. », je pense que vraiment on se plante. Je m’insurge contre le « diplôtomatisme ». Tout le monde connaît (malheureusement) des AS incapables qui déshonorent la majorité de leurs collègues, et par ailleurs des gens qui ne sont pas passés par cette filière précise pour acquérir des compétences très professionnelles et une rigueur de travail remarquable.
    Ceci dit, le boulot d’accueil – celui des sans-abri, mais aussi de bien d’autres formes de fragilités avérées – ne s’improvise pas. Il ne faut pas s’y engager inconsidérément et surtout pas de façon isolée : seul un travail d’équipeS et un coude-à-coude en réseau peut espérer éviter le risque de faire pire que bien.
    Je souscris tout-à-fait à la proposition soulignée comme primordiale du travail à la transition prison – retour à la vie en société. Au moins une association existe à Liège pour tenter d’être trait d’union entre l’intérieur du milieu carcéral et l’extérieur. André se fera je pense un plaisir de donner les coordonnées à qui souhaiterait participer à cet engagement spécifique.

    Jean Pierre, asbl Form’Anim à Seraing.

    Réponse

  3. Posted by jennifer on 13 février 2012 at 14 h 40 min

    Dimitra Pianobleu
    Je viens d’acceuillir deux personnes formidables, et qui nous apportent beaucoup de bonheur, de plus ma maman malade a maintenant de la compagnie pour des longues conversations au coin du feu et des jeux de société auquels je n’avais perso…nellement pas le temps de participer .
    Je voudrais remercier jennifer que nous avons rencontrer dans la rue en allant a la recherche de personnes a aider.
    De plus c’est la deuxieme année que nous contactons le CPAS de Liège pour proposer d’acceuillir nous n’avons jamais JAMAIS eu de réponse juste » merci bon à savoir on vous rappelle?!!!! Cherchez l’erreur????
    Jenni tu es une personne fortmidable exceptionel , Bravo pour tous ce que tu donne aux autres

    Réponse

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