La vindicte populaire

Le monde est fou ; de plus en plus fou !

J’ai laissé passer l’orage… ( Est-il seulement passé ? )
Bien sûr, on est enclin d’avoir peur de Michèle Martin…
Mais à qui la faute ? 
Ne nous trompons pas de cible 
!

Le Pouvoir Politique édicte des lois pour protéger ses citoyens.

Mais comment les protège-t-il ?
La Justice qui régit notre démocratie, n’est pour moi, pas recevable.
La Justice Pénale, à maintes fois montré ses limites, ses injustices !

Nul n’ignore que les plus grands criminels sortiront un jour de prison.
La question n’est pas de savoir quand telle personne sortira de Lantin, de Forest ou d’ailleurs,… Non, ce qui importe, c’est de se  demander :
 » Dans quel état d’esprit, la personne incarcérée, sortira-t-elle un jour ? « 
La réponse n’est pas encourageante et devrait nous interpeller.

Comment fonctionne la Justice Pénale
 ?
Elle punit la personne pour un délit commis.
Cette punition est conséquente du danger que représente cette personne pour la société. On met donc le préjudiciable hors de danger de nuire, en l’écartant un certain temps (prison).
Qui y trouve son compte ? Personne, je pense.
Il faut dire que la Justice Pénale ne fait pas grand chose (ou si peu) pour conscientiser la personne incarcérée , pour le ré-éduquer, pour l’amener à regretter son geste,  pour l’inciter à réparer le tort causé, et enfin pour l’aider à repartir sur de bonnes bases.

Au contraire, la prison infantilise le détenu qui a tôt fait de se sentir « la » victime ! Et  donc, il ne saurait entretenir que des sentiments négatifs. Lors de sa sortie de prison, son équilibre psychologique en aura certainement pris un coup. Rien n’a été fait pour le remettre debout. Alors, il n’y a plus qu’à craindre lors de sa sortie de prison : pour lui, et pour les autres…

C’est contre cela qu’il faut se révolter. Dans notre système pénal, rien n’est juste :
Le condamné ? Il est puni deux fois (la prison en rajoute souvent une ou plusieurs couches. Il a rarement la possibilité de pouvoir se racheter).
La victime ? Elle n’y trouve pas son compte, non plus ! Elle ne reçoit pas l’aide qu’elle sollicite (l’écoute, les réponses à ses questions, une aide et un soutien à ses souffrances).

La société ? Elle se voit bernée et elle ne comprend pas : « Comment est-il possible qu’on laisse sortir un tel monstre ? »

Pourtant il est une autre Justice : « plus juste ! ».
Je vous ai déjà touché un mot sur la Justice Réparatrice (ou restauratrice).

Pour en savoir plus, je vous invite à vous procurer le dernier livre de la série
«  La Revue Nouvelle » : le N° de Mars 2011.

Un dossier « Justice restauratrice, justice d’avenir ? » s’ y trouve largement développé.
avec Jean-Pierre Malmendier, le papa de Corinne sauvagement assassinée le 12 Jul 92
(hélas, décédé récemment ), sa fille Cathy, un ex-détenu devenu éducateur, un magistrat, un criminologue, une juriste, un aumônier et d’autres personnes, qui témoignent…
Chacun témoigne avec son vécu, selon ses ressentis.
Tous nourrissent l’espoir de voir se mettre en place, peu à peu, une autre justice ;
une justice plus humaine…

Les « Sentinelles de la Nuit » adhèrent à cette vision de Justice Réparatrice : Leurs amis de la rue sont, pour une grosse partie, des petits délinquants qui font la navette Liège- Lantin. Lantin- Liège et ainsi de suite.
Nous sommes au cœur du sujet. Nous sommes au premier rang pour constater les lacunes de la Justice Pénale.

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10 responses to this post.

  1. Posted by fga on 20 mai 2011 at 6 h 57 min

    La justice réparatrice, quel beau projet… Notre opinion publique n’est pas prête à accepter l’idée même de justice réparatrice. Donc, il reste une solution : témoigner et argumenter. Après, on pourra peut-être arrêter ce rouleau compresseur qui détruit les vies des victimes et des coupables. Félicitations très sincères à tous les visiteurs de prison.

    Réponse

  2. Posted by yvonne dor on 20 mai 2011 at 10 h 20 min

    Bonjour André, merci d’avoir partager ton avis sur « Michèle Martin ». Je pense néanmoins qu’il ne faut pas voir dans la « vindicte populaire » (comme on la nomme), rien qu’une méchanceté gratuite ; il est vrai que l’ effet de réactions en masse fait peur ; mais derrière chaque réaction populaire individuelle, je pense qu’il y a un vécu douloureux qui explique le témoignage. Pourquoi ne pas se poser les questions également sur le pourquoi de ces réactions… Concernant le cas précis de Michèle Martin, sa personnalité reste une énigme ( pour moi en tout cas) une jeune femme, qui a certes perdu jeune son père, mais qui a grandi dans un milieu socialement « favorable », a fait des études d’institutrice (et donc avec toutes les chances de s’insérer dans le monde du travail) ; a donc étudié la psychologie de l’enfant (dons sensé avoir compris la douleur et souffrance des victimes de son mari) ; a donc étudié toutes les structures sociales existantes de notre société (et n’y a pas fait appel pour se sortir de la criminalité existante dans sa famille, prétendant la « subir »..). Sans compter sur la notion du « pardon » inexistante pour Michèle Martin. En effet, je pense que pour pouvoir pardonner, il faut 2 choses essentielles : 1) que la personne responsable demande réellement le pardon (ce que M. Martin n’a jamais fait puisqu’elle se déresponsabilise de ses crimes) ; 2) que ce pardon permette à la ou les personnes qui l’accordent, de se « grandir » ou « guérir » au point de vue identité personnelle. Voilà, c’est mon humble avis sur le sujet. Merci de m’avoir lue aussi, bisou Yvonne

    Réponse

    • Posted by André on 20 mai 2011 at 12 h 10 min

      Tu as tout à fait raison Yvonne. Par cette interpellation, j’ai cité Michèle Martin, comme cela aurait pu être quelqu’un d’autres. Je ne me suis pas particulièrement penché sur son cas (qui, tu le fais ressortir, est une grande inconnue). Au fond,ce n’est pas sur elle que j’ai voulu attirer les regards mais sur les limites de la Justice Pénale. Ce que je voulais faire ressortir, c’est que…
      La violence n’est jamais une réponse à la violence !

      Réponse

  3. Posted by yvonne dor on 20 mai 2011 at 10 h 50 min

    Question complémentaire à la fin de mon commentaire (point 2) : réduire de moitié la peine d’une personne condamnée, qui ne demande pas le pardon, la faire sortir de prison et lui permettre de travailler à l’étranger dans un couvent ==========> permet-il actuellement aux autres personnes concernées de « guérir ou grandir » au niveau identitaire ?

    Réponse

    • Posted by André on 21 mai 2011 at 0 h 10 min

      Certainement pas Yvonne.
      Le cas de Michèle Martin me fait dire que la Justice réparatrice a aussi ses limites. Limites posées par le préjudiciable, qui n’est pas disposé ou prêt à emprunter un chemin de réparation ou de restauration. Limites posées par la victime qui n’est pas disposée ou prête à rencontrer l’agresseur. Limites posées finalement par l’opinion publique qui n’imagine pas qu’une telle démarche puisse être possible. (voir commentaire de François). Le chemin est encore long !
      En attendant, la Justice de notre pays est entièrement à revoir. Comme le dit Cindy (dans un autre commentaire): le travail réalisé par les IPPJ (Institutions Publiques de Protection de la Jeunesse)qui promeut une certaine justice restauratrice, devrait être pris comme exemple par la Justice pour les adultes…
      Pourquoi ce qui fonctionne avec les jeunes ne fonctionnerait-il pas avec les adultes ?

      Réponse

  4. Posted by Cindy Pleyers on 20 mai 2011 at 10 h 51 min

    Je suis tout à fait d’accord avec l’article publié ! En effet, il reste des efforts majeurs à fournir concernant la prise en charge des justiciables, tant au niveau de l’aide aux victimes que de l’aide aux détenus, pendant et après leur séjour en prison. Il est vrai que des progrès ont déjà eu lieu (notamment concernant les visites parents-enfants ou encore les activités menées en prison) mais cela reste largement insuffisant… La prison semble fonctionner en vase-clos et il est difficile d’y inclure de l’aide de l’extérieur. Pourtant, le but de la prison est en effet de faire payer à la personne qui a commis un délit « sa dette à la société » mais son but n’est-il pas non plus de réinsérer la personne, au niveau social, familial et professionnel ? A ce niveau là, je vais prêcher pour ma chapelle mais des nombreux professionnels (psy ou autre) devraient accompagner les détenus afin préparer leur sortie. L’exemple devrait être pris à la justice des mineurs. J’ai eu l’occasion d’effectuer un stage en IPPJ. La construction du projet du jeune ainsi que sa réinsertion occupent une place essentielle depuis le premier jour de son entrée en IPPJ. Evidemment, là aussi de nombreux efforts sont encore à faire mais pourquoi ne pas en faire de même avec la justice des adultes ? Nous aurions tous à y gagner : la justice, les victimes et la société.

    Débat intéressant sur lequel nous pourrions discuter des heures !

    Réponse

    • Posted by André on 20 mai 2011 at 11 h 58 min

      Tu as raison Cindy. Je m’étais déjà laissé dire beaucoup de bien à propos de la Justice pour les mineurs (IPPJ) Un bel exemple pour la Justice des adultes.
      S’il est un mot sur lequel on ne devrait pas tarir c’est :
       » A C C O M P A G N E M E N T « . IL me semble que c’est la condition sine qua none pour aller plus loin en terme de justice. Plus on va loin dans une démarche d’accompagnement et plus les uns comme les autres, s’y retrouveront.

      Réponse

  5. Avez-vous vu « Devoir d’enquête » du 4 mai? Sinon, il doit pouvoir être regardé sur le site de la RTBF (TV). Farid BAMOUHAMMAD, un détenu devenu tristement célèbre, est l’occasion de parler des conditions carcérales. Malgré les limites imposées par l’administration pénitentiaire, c’est une magnifique émission qui j’espère aura eu un impact sur le public. En amont, si l’on veut agir sur les politiques pour obtenir le changement que vous préconisez à juste titre, il faut aussi continuer à informer pour contrer l’ignorance et la peur qui engendrent la haine. Voyez aussi le site http://www.pourlebonheur.be : plan du siteen bas de page-> applications->prisons. Merci!

    Réponse

  6. Posted by Stéphane on 21 mai 2011 at 13 h 21 min

    Bonjour André

    je suis tout à fais d’accord avec ton article, sauf sur un point
    la libération de michèle martin la je suis contre a 100% se qu’elle à fait est impardonnable, est ce que tu pense au parent qui on perdu leur être le plus cher?
    Serais tu pardonner un tel acte? Moi pas et beaucoup de monde, j’en suis sur pense comme moi.
    Mets toi a la place des parents tu comprendras leurs tristesse, leurs souffrance, et leurs haines.

    Réponse

    • Posted by André on 23 mai 2011 at 23 h 59 min

      Mais je n’ai pas pris position sur la libération de Michèle Martin. Je serais Juge, je ne pense pas, j’aurais signé sa libération. Je me répète : ce sont les injustices générées par les lacunes de la Justice Pénale que j’ai voulu mettre en exergue.

      Réponse

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