Autres questions sur les sans-abri

2.     Pensez-vous qu’ils en prennent pour s’intégrer à un groupe quelconque ?

Oui et non !

Non, je ne pense pas que ce soit pour s’intégrer dans un groupe quelconque (c’est peut-être le cas des étudiants qui expérimentent les drogues ?). Les sans-abri ont dépassé ce stade, l’assuétude est telle qu’il leur est très difficile de s’en sortir.
Cela dit, à ceux qui tentent une cure de désintoxication, il leur est souvent prescrit de la méthadone, mais ce n’est jamais qu’une drogue de substitution, dont l’accoutumance est, selon certains, plus forte encore !

Oui, même dans la rue, on essaye de s’intégrer, bon gré mal gré avec les autres (avec ceux qui, au fond, sont comme eux ! Ceux qui se ressemblent s’assemblent !
Il règne chez les sans-abri un climat relationnel ambigü : une fausse solidarité pour une réelle solitude !

3.     Les aides de désintoxications proposées aux gens de la rue, sont-elles efficaces ? Pourquoi ?

Les cures de désintoxication sont bien souvent inefficaces ! Pour plusieurs raisons.

1. D’abord, le drogué qui veut faire une cure doit le vouloir réellement, et suivre les démarches nécessaires. Il devra aussi accepter de se retrouver sur une longue liste d’attente… Ce qui est déjà trop demandé à ces malheureux, qui ne vivent que dans l’immédiateté.
2. Parmi ceux, -les plus patients -, qui seront acceptés dans un centre spécialisé, bien peu arriveront à terme, parce qu’ils finissent par craquer, avant la fin de la cure pour diverses raisons que je n’analyserai pas ici, mais qu’il serait bon, voire indispensable, d’en rechercher les causes.
3. Et quand bien même, il y en aurait qui sortiraient « guéris », « soignés », « sevrés » d’une cure salvatrice, la partie est loin d’être gagnée !…Mets-toi à la place de cette personne, Garance : Pas de logement, pas d’amis « clean » ; pas d’argent ; rien que la rue avec tous ses pièges. Ils ne connaissent, en effet pour la plupart, que la rue, terrain de tous les dangers !

4. Ce qui leur manque : c’est un accompagnement (et dans la durée ) ! Sans cela, la rechute est inévitable !


Encore merci Garance, pour ces questions.

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7 responses to this post.

  1. Posted by Andrée on 7 février 2011 at 13 h 05 min

    2. Pensez-vous qu’ils en prennent pour s’intégrer à un groupe quelconque ?
    Je dirais non aussi, parce qu’à mon avis ce n’est pas tellement le fait d’être à la rue qui pousse à se droguer, mais plutôt l’inverse: c’est la prise (ou plutôt la mauvaise gestion) de certaines drogues qui pousse les gens dans la rue.
    Pour ce qui est des relations sociales, je pense qu’on acquiert, dans la rue, une lucidité qu’on n’a pas quand on rentre chez soi tous les soirs: il faut bien reconnaître que la plupart des rapports sociaux sont faussés, plus souvent basés sur l’hypocrisie que sur des sentiments plus positifs. Si on peut se satisfaire de cette illusion quand tout va bien, ce serait intenable dans la rue. Il faut donc s’y reconstruire des groupes de gens en qui on peut avoir confiance. Ces groupes sont éphémères, mais tant qu’ils durent on y trouve à mon avis plus de solidarité que dans la « vraie vie ».
    Et pour ce qui est de la solitude, c’est aussi en partie une fuite de la promiscuité à laquelle on est confrontés dans les abris (de jour, de nuit, etc).

    3. Les aides de désintoxications proposées aux gens de la rue, sont-elles efficaces ? Pourquoi ?
    Arrêter… Pas vraiment de réponse, mais une bête question: De simples fumeurs (c’est à dire des gens qui ne fument que des cigarettes de tabac, non « améliorées ») qui ont un logement, un boulot, bref qui n’ont pas vraiment d’autres soucis que le tabac, ne parviennent pas à arrêter de fumer. Alors, pourquoi devrait-on attendre des autres drogués, dont la drogue n’est qu’un problème parmi tant d’autres, qu’ils se montrent plus forts, plus raisonnables, et qu’ils réussissent là où tant d’autres échouent ? Et la question se pose d’autant plus que souvent, la drogue apparaît plus comme la solution que comme le problème…

    On me reprochera de mettre sur le même pied le tabac (et j’aurais pu y ajouter l’alcool) et les autres drogues, mais pour moi il n’y a pas de grande différence. Les drogues légales sont contrôlées, c’est vrai, et elles rapportent à l’État. Ces deux points mis à part, les deux sont comparables: on peut mourir d’un coma éthylique comme d’une overdose, et ceux qui croient que le tabac est moins dangereux que les autres drogues n’a jamais vu les derniers jours (et surtout les dernières heures) d’agonie de celui qui meurt d’un cancer du poumon.

    On me dira aussi que la drogue coute cher… Ce n’est pas nécessairement vrai… On m’a donné certaines recettes (que je ne répéterai évidemment pas ici !) basées sur des produits bon marché et en vente libre dont les effets sont, parait-il, spectaculaires.

    Et pour ceux qui y parviennent, c’est vrai qu’il faut un accompagnement dans la durée, mais ça ne suffit pas : s’il retourne dans son quartier, il va retrouver ses anciennes connaissances et ses vieilles habitudes. Même s’il est réellement motivé, il sera tellement sollicité qu’il finira par craquer. Ce qui signifie qu’il doit, en plus du reste , aller s’installer ailleurs, là où il ne sera pas catalogué comme drogué.

    Réponse

  2. Posted by martial5666 on 10 février 2011 at 20 h 57 min

    la drogue et ces soient disants substituts qu’est entre autre la methanol.Pour lui, prendre ce substitut est pire a long terme,car il en devient plus dependant.Je suis tout a fait d’accord avec ce que dit GARANCE sur les cigarettes,et l’alcool.Ce n’est pas fcil d’

    Réponse

    • Posted by Cantharellus on 10 février 2011 at 21 h 08 min

      Ta langue a fourché Martial ! Ne pas confondre méthanol et méthadone ! Lol !
      Le méthanol, c’est de l’alcool à brûler, qui ne s’avale pas… Tout comme tes fins de phrases qui deviennent peu clairs. re- lol !

      Réponse

      • Posted by Cantharellus on 10 février 2011 at 21 h 13 min

        Non, Martial, sauf qu’on ne sait pas ce que tu as raconté à ton ami !

      • Posted by martial5666 on 10 février 2011 at 21 h 40 min

        On parlait des substituts des drogues.Il a essayé la méthadone qui a eu pour effet d’en etre plus accroc.Donc il a cessé la cure.Pour lui un travail plus profond doit etre fait,du style accompagnement.

      • Posted by Cantharellus on 10 février 2011 at 23 h 30 min

        L’accompagnement : C’est un sujet qui sera soulevé à la réunion du CA

  3. Posted by martial5666 on 10 février 2011 at 20 h 59 min

    arreter de fumer ni de boire.Alors que dire d’arreter de prendre les « drogues »?
    Le seuvrage n’est pas facil car il faut une forte dose de volonte.

    Réponse

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