Une étudiante, nous posait les questions suivantes :

1.     Pour quelles raisons, les pauvres prennent-ils des drogues ?

 

D’abord, il est inadéquat et même péjoratif d’utiliser le terme de « pauvre » !
Les Sentinelles de la Nuit vont à la rencontre de sans-abri, dont la caractéristique principale est le rejet de la société. La pauvreté n’est pas la spécificité première d’un sans-abri, et je ne pense pas qu’ils se reconnaissent tel quel. D’ailleurs, dans la rue, on ne meurt pas de faim( il y a suffisamment de possibilités qui existent pour cela).
On peut mourir de froid ; mais l’on meurt surtout de solitude et d’abandon de soi, laissant les maladies spécifiques aux alcooliques, drogués, et autres déprimés, faire leur triste travail !

Je pense que lors des premières prises de drogues (en boîte, par exemple),  les jeunes sont en recherche d’un besoin ou un autre : s éclater, oublier ses problèmes,  tenir le coup, ou tout simplement, faire comme les autres…

La drogue n’est donc pas l’apanage des sans-abri. Mais  pour ceux-ci, étant par nature beaucoup plus fragiles, il leur est dès lors beaucoup plus difficile de s’en débarrasser. C’est ce que nous constatons. Les sans-abri que nous rencontrons, en sont arrivé au stade qu’ils ne peuvent plus se passer de la drogue : ce n’est plus une question de fun, mais de dépendance totale. Et donc les dealers le savent bien : « la rue » , malheureusement, est une clientèle de choix pour ces gens-là !  La « drogue » : cela dit bien ce que cela veut dire. Ils ne peuvent plus s’en passer. Le corps, plus que la tête, en est devenu esclave !

Et donc, tous ces toxicomanes, qui vivent dans la rue, dépensent une fortune pour leur besoin.

Comment trouvent-ils l’argent ? Par la mendicité ; les vols quelquefois, l’aide du CPAS…
Les drogués se privent des besoins primaires, tel que : manger, se soigner, dormir, avoir un peu d’hygiène, etc…pour pouvoir donner à leur corps, ce qu’il réclame le plus !

Merci à Garance d’avoir posé cette question.

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One response to this post.

  1. Posted by Cindy Pleyers on 17 février 2011 at 16 h 33 min

    Bonjour,
    Suite à mon e-mail et pour faire suite à cette question à propos de la consommation de drogues chez les personnes en situation précaire, voici quelques petits extraits du livre « drogues de rue » de Pascale Jamoulle. Celle-ci a mené une étude de terrain, notamment à Charleroi, auprès de jeunes consommateurs, elle en a retiré plusieurs portraits autobiographiques.

    … »Des interviewés ont subi des négligences graves. Ils ont été livrés à eux-mêmes, abandonnés, placés, repris, avec cette peur au quotidien que la barque familiale se remette à dériver et qu’ils soient placés à nouveau. Ces expériences leur ont fait perdre confiance, ont brouillé leur vision d’eux-mêmes et de l’avenir. Elles les ont précocement confrontés à une angoisse diffuse et un sentiment d’insécurité qu’ils ont tenté de calmer par des prises de produit précoces… »

    « Plus de la moitié des récits de vie laissent apparaître des drames familiaux particulièrement douloureux qui ont profondément insécurisé l’enfant et lui ont fait perdre confiance dans sa valeur et celle des adultes. D’autres situations sont imprégnées du mal-être quotidien de la famille : les conflits dont l’enfant est parfois l’objet ou l’enjeu, l’insécurité financière, les carences affectives ressenties, … Souvent dès la préadolescence, le jeune a développé des comportements à risques, comme autant d’appels à ses proches. Beaucoup de familles n’ont pas su les voir, les entendre ou y répondre… »

    … »Le recours aux produits psycho-actifs peut être une forme de réponse à l’angoisse, au stress, à la rage (la colère et l’impuissance) ou à la dépression. Les comportements de « défonce » peuvent permettre de « diminuer la pression », de trouver une « sérénité » ou un « certain niveau d’inconscience ». Ils peuvent être une forme d’auto-médication… »

    Au cours de nos tournées, il est parfois tentant de juger les personnes que nous rencontrons et de porter un regard accusateur à leur propos. Le but de ces écrits est donc de mieux comprendre ce qui peut amener une personne à consommer un produit, alors qu’il tout à fait conscient des aspects négatifs que cette consommation engendre. N’oublions pas que la toxicomanie est un processus multidimensionnel (composantes individuelles – environnementales – pharmacologiques) dont aucun d’entre nous ne peut connaitre toutes les composantes. Soyons donc prudent de ne jamais catégoriser de manière trop hâtive. Etant donné leurs circonstances de vie, actuelles et passées, personne ne peut juger ce recours aux produits.
    Pour terminer, j’ajouterais que la toxicomanie est également un processus évolutif, qui PEUT se résoudre. Pour ma part, je n’accepte donc aucun pessimisme ou fatalisme en la matière ! Evidemment, les moyens politiques, financiers et sociaux mis à la disposition pour traiter cette problématique sont encore insuffisant et il serait nécessaire de créer davantage de services compétents qui pourraient offrir une prise en charge la plus adéquate possible en fonction des besoins de chacun. Il faudrait pour cela sensibiliser le public, y compris les politiciens !

    Je vous laisse à votre réflexion…

    Bonne journée à tous !

    Réponse

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