Les drogués, les nouveaux pestiférés

Les institutions pour les SDF (y compris les abris de nuit) mettent systématiquement un véto sur la drogue.  Fumer un joint y est une clause d’exclusion.  La drogue y est diabolisée, la drogue se présente comme le léviathan moderne.  Parce qu’il est possible que le drogué s’exclut de la société mais n’est-ce pas la société qui rejette systématiquement le drogué.  Qu’en pensez-vous ?

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2 responses to this post.

  1. Posted by martial on 19 janvier 2011 at 19 h 45 min

    Bonsoir tout le monde
    Je connais beaucoup de jeunes qui travaillent et qui fument leur »petard ».
    Ils ne peuvent pas s’en passer. Je pense tout d’abord qu’ils commencent à fumer, car ils ont un besoin d’évasion. Un mal-être est présent en eux. Le drogué ne s’exclut pas de la société, mais c’est la société qui les exclus. Nous avons nos préjugés sur chaque situation de la vie quotidienne, et nous les interprétons selon nos modes de vie, notre éducation,etc etc….
    C’est tout le système dans lequel nous vivons qu’il faut réformer, mais nous voilà dans un autre débat !
    La sociéte rejette tout ce qui sort de la normalité…
    martial

    Réponse

  2. Posted by Andrée on 1 février 2011 at 17 h 16 min

    rejet ou discrimination à l’égard des drogués ? (lesquels ? les fumeurs de joints ? ceux qui prennent de la méthadone ? ceux qui sont accros aux drogues dures ? ceux qui dealent plus ou moins ouvertement dans les abris ?)
    Il n’y a pas réellement de rejet : tout peut se faire, à condition de rester discret…

    Par contre, il y a une volonté réelle du monde politique de diviser les SDF pour mieux les opposer: drogués (accros au drogues dures et/ou dealers)/ non drogués (les simples fumeurs de joints et ceux qui prennent de la méthadone font partie d’un groupe ou de l’autre, selon les besoins du moment).
    Belges (ou plus exactement Européens)/étrangers (surtout sans papiers).
    La dernière trouvaille, c’est l’opposition « ceux qui ont un projet »/ »Ceux qui n’essaient pas de s’en sortir ». Au 19e siècle, quand il n’y avait aucune sécurité sociale, on faisait déjà la distinction entre les pauvres méritants et les autres. Puis nous nous sommes un peu civilisés, et on a considéré que le droit à la survie était un droit élémentaire. Aujourd’hui, on revient sur ce principe : si on est à la rue et qu’on veut avoir une chance de survivre, il faut le mériter ! Parce que la doctrine officielle, c’est ça: il y a des gens qui pourraient, s’ils le voulaient, avoir un appartement bien chauffé, un lit douillet, un revenu confortable, et qui préfèrent passer la journée dehors, en trimballant tout ce qu’ils possèdent, puis le soir faire les cent pas dans la neige, la pluie, le vent, en espérant pouvoir entrer, s’asseoir et surtout dormir.

    Alors, dire qu’il y a une discrimination, c’est faux. Mais dire qu’il n’y en a pas, en fait, c’est tout aussi faux. En réalité, les discriminations se multiplient, de façon à ce que chacun fasse partie du « mauvais » groupe: si on interroge un non-musulman, il se souviendra de ce jour où, à l’abri de jour, on mangeait des pâtes. Par contre, pour ceux qui ne mangent pas de porc, il y avait un plat à base de poisson. Mais si on interroge un musulman, il se souviendra du jour où les « autres » mangeaient des lasagnes, alors que pour eux il n’y avait que de la soupe et du pain. Et on peut multiplier les exemples… Les sans papiers, à qui on dit qu’ils auraient plus de droits s’ils régularisaient leur situation. Ceux qui ont des papiers, qui entendent dire qu’on vient d’ouvrir des centres avec des centaines de places pour les sans-papiers alors qu’il manque régulièrement quelques dizaines de lits à Liège.
    Thermos mis à part (les dortoirs y sont mixtes), on oppose aussi les hommes et les femmes: il reste des lits tantôt pour les uns, tantôt pour les autres. Choix difficile pour ceux qui sont en couple: vaut-il mieux dormir à l’abri en laissant l’autre dehors, ou affronter le froid à deux ?

    Le problème, c’est que quand on est à la rue le temps est aboli : on vit dans un éternel court-terme. Il est très difficile de se projeter dans l’avenir. Or, la solidarité implique une vision d’avenir. Et elle implique aussi un minimum de confiance en l’autre. Et finalement, en donnant l’impression qu’on privilégie les uns par rapport aux autres, je crois qu’on réussit à casser les deux: impossible d’avoir confiance en un « privilégié » quand on se sent discriminé, et difficile de faire ensemble des projets à long terme.

    Réponse

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