Assistanat ou pas ?

Il existe dans notre pays des professionnels
de l’aide sociale et d’autres qui animés de bonne volonté confineraient les
sans-abris dans une spirale de l’assistanat.

 En d’autres termes, l’aide sociale est quelque
chose de sérieux aux mains de gens compétents qui ont défini une doctrine
définitive : l’insertion. 
L’insertion (dans quoi, je me le demande) serait la solution.  L’aide apportée gratuitement (quel mot
horrible) ne serait qu’une forme d’assistanat (au sens péjoratif du mot).    

Les sentinelles ont pour vocation d’apporter
un peu de chaleur humaine à ceux qui n’ont même pas un toit quand il gèle à
pierre fendre à Liège.  Les
sentinelles sont animées par un sentiment de bonne volonté mais cela n’en fait
en rien des dames patronesses un peu bornées.

Qui veut être sans-abri à Liège en février
2010 ?  Est-ce que les
sentinelles en distribuant un peu de nourriture et une couverture anéantiraient
la volonté du sans-abri de s’en tirer ?   Soyons sérieux deux minutes…  Les sentinelles veulent juste construire le premier lien
d’humanité avec des gens qui ont perdu bien souvent la dignité de cette
humanité.

L’ambition de l’objectif est inversement proportionnel
aux moyens.  Nos moyens limités n’offriront
jamais un alibi pour maintenir les sans-abri dans la rue.  Tendre la main pour reconstruire un
lien, cela ne s’appelle pas de l’assistanat mais devoir d’humanité.

François

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3 responses to this post.

  1. Posted by Sentinelles on 19 février 2010 at 18 h 47 min

    Bravo François.J\’espère que d\’autres lisent de temps à autres ce blog, mais ce serait encore mieux s\’ils réagissaient.S\’il faut des témoignages pour inciter au dialogue, à la réaction, alors en voici un :

    Il s’appelle… comme ce grand Saint qui gâte tous les enfants sages peu avant Noël. Mais lui, il n’est gâté par personne le jour de fête de son Saint patron, ni les autres jours d’ailleurs.
    – Vingt-deux ans, assis dans la neige au coin d’une rue, grelottant de froid sous sa couverture, le regard perdu, il tend la main… «Je n’ai jamais eu de chance dans la vie et cela ne changera pas ! » nous déclara-t-il. Il ingurgita fébrilement, entre deux paroles, une potée aux carottes avec saucisse, pour laquelle il nous remercia plusieurs fois. « Je n’ai pas changé depuis la dernière fois, je veux toujours mourir… Je suis passé chez mon père cet après-midi : Je n’ai pas attendu la tasse de café ; je suis reparti… Mon père était devant son ordinateur et pas un regard pour moi. »
    – Vingt-deux ans, au bout du rouleau, il tend la main puis vérifie le contenu de son gobelet : Aura-t-il assez pour se payer sa dose ? On croirait bien que cette main qui tremble sollicite un ultime plaisir, une overdose ? Pourtant, dans son cœur déchiré, c’est un cri d’amour perçant, inaudible qui le fait souffrir et qui devrait sortir… Mais qui l’entend hurler en silence : « J’ai besoin que l’on m’aime ; que l’on me reconnaisse… Quelques jours auparavant, il nous parlait déjà de ses parents séparés, qui ne l’ont jamais aimé : « Ma mère a voulu avorter de moi à ma naissance… Mon père a déjà voulu me tuer… Je ne veux plus qu’une chose : C’est mourir. »
    – Vingt-deux ans, à l’aube de sa vie d’adulte, c’est encore un enfant et déjà son horizon semble fermé ! Notre impuissance face à ce jeune homme, toujours adolescent, est à la mesure de sa détresse. Nous savons que son cas est loin d’être unique.
    Chaque personne dans la rue à un passé lourd à porter.
    Chaque détresse est différente et pourtant terriblement semblable : « Je meurs de ne pas être aimé ! » Alors, je ne souhaite qu’une chose : Que les Sentinelles de la Nuit puissent continuer à rencontrer des personnes sans-abri, dans l’esprit qui les anime, et qu’ils soient même encouragés à le faire. Quel bonheur de pouvoir en sortir, ne serait-ce qu’un seul, de la rue ! …et le savoir reparti d’un bon pied ! Mais quelle tristesse, de se sentir impuissant ! A quelle porte faut-il frapper pour redonner espoir à Nicolas et à d\’autres ?

    Réponse

  2. Les prises en charge doivent se faire le plus rapidement possible dans des structures modernes fonctionnant dans le style « pension de famille ».
    Soutien psychologique impératif ! Car la personne en grande souffrance a besoin (aussi) de verbaliser son état.

    Réponse

  3. Posted by Cantharellus on 12 janvier 2011 at 17 h 30 min

    « Pension de famille » Voilà une bien jolie appellation, surtout dans ce contexte qui nous occupe !
    Ces structures modernes sont hélas, plutôt rares. Alors, encore une fois, je me demande, si le réseau associatif ne devrait pas s’investir là où le réseau professionnel montre des signes de faiblesses, par manque notamment de volontés des politiques ?
    Le monde associatif n’a pas de comptes à rendre; si ce n’est le respect des lois sur les ASBL et le volontariat. Cette liberté permet d’oser beaucoup de choses.
    Après un an d’existence, Je repose la question de notre engagement au sein de l’ASBL(aux autres sentinelles notamment) : Devons-nous nous limiter à notre service actuel; à savoir être à l’écoute ? C’est déjà beau et beaucoup : Un soutien Psychologie. Est-ce suffisant? Personnellement, si je serais SDF, j’aurais un goût de trop peu, de n’être qu’écouté !
    j’écrivais un peu sèchement dans un autre courrier : L’écoute amène au constat, et celui-ci nous désarme et nous ramène à notre propre faiblesse. Devons-nous rester lâchement impuissant face à celui qui a osé s’exprimer; face à celui qui s’est mis à nu,en nous nous voyant penché avec compassion sur son cas ?
    Non ! Le coeur contrit, nous avons tendance à balbutier quelques paroles banales d’excuses et de réconfort, tout en nous retirant lentement sur la pointe des pieds. Ne devrions-nous pas plutôt mettre les pieds dans le plat ?
    Alors laissons tomber nos derniers scrupules. Assistanat et réinsertion sont des mots à bannir, qui obstruent un chemin d’humanisation. L’humanisation est le seul chemin, dans la grande majorité des cas, où l’exclus pourra trouver un propre chemin à sa mesure.

    Le bon sens voudrait que l’ECOUTE soit accompagnée de l’ ACCOMPAGNEMENT. Plus d’un bénévole le fait déjà à titre personnel. Mais l’association ne pourrait-elle se mouiller aussi,un peu plus ? Personnellement, je trouve que l’écoute et l’accompagnement sont indissociables. C’est pour cela que nous avons besoin de beaucoup de bénévoles. Moins l’on rencontre de sans-abri et plus on peut faire quelque chose pour eux. Autrement dit, plus il y a de bénévoles, et plus on peut se répartir la population de sans-abri.
    Bien entendu notre ASBL ne pas tout faire non plus et donc, je trouve important de stimuler l’émergence de nouvelles ASBL à vocation d’accompagnement.
    L’accompagnement, on pourrait se dire que c’est un défi à relever, mais c’est surtout une nécessité pour la personne esseulée.

    Réponse

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